Plusieurs collectifs ont vu le jour en Europe, qui militent pour l’importance de l’éclairage dans l’aménagement du territoire. Les premiers arguments de ceux-ci concernent avant tout l’humain et la façon dont les habitants vivent la ville. Si la lumière a un rôle fonctionnel à jouer, sa dimension sociale est toute aussi importante. Délicate à percevoir, à matérialiser, à évaluer, la lumière touche autant au domaine sensible qu'au domaine fonctionnel de la ville. Il convient donc de placer les habitants au cœur de l’élaboration des dispositifs d’éclairage.
Le Social Light Movement a adopté cette approche dès sa création, il y a quelques mois. Le concept est simple, il s’agit pour ses fondateurs de rapprocher les acteurs de l’éclairage urbain (concepteurs lumières, décideurs publics,…) et les citadins. Leur méthodologie l’est tout autant, il s’agit pour eux d’aller sur le terrain en arpentant les rues à la nuit tombée, accompagnés d’habitants qui ne sont pas spécialistes de la question, puis de recueillir leur opinion.
Le Social Light Movement invite par ailleurs, à l'occasion de son prochain workshop, les habitants à participer à la réflexion autour de l'éclairage du 27 au 30 septembre 2011, à Liège. Le vendredi 30 septembre, un "happening lumière" sur le mode du "guerilla lighting" est organisé par les londonniens Sharon Stammers et Martin Lupton. Ainsi que la tenue en parallèle à Liège, du colloque LUCI (Lighting Urban Community International).
L’éclairage joue aussi un rôle social de premier ordre, puisqu’il trace l’accès, dans un premier temps. Ces dispositifs ont ensuite un rôle à jouer dans la manière dont les habitants vont « ressentir » la ville, puisqu’au delà des questions d'accessibilité, l'éclairage a une influence directe sur des aspects beaucoup moins visibles comme le sentiment de sécurité.
Par ailleurs, quelques exemples montrent l’impact que peut avoir l’éclairage d’espaces publics jusqu’à présent réservés à la vie diurne. L’éclairage des jardins, par exemple, dans le « premier temps de la nuit » (17 à 21h) maintient une certaine fréquentation de ces lieux pourtant généralement réservés à la journée.
Les enjeux de l'éclairage posent - évidemment - aussi la question de la consommation d'énergie et de l'empreinte carbone des villes. Les différentes associations intègrent effectivement les technologies vertes en la matière à leurs propositions. L'association des concepteurs lumière sans frontières est un exemple de cet usage, avec la mise en place d'éclairage aussi respectueux de l'environnement que possible dans des pays en voie de développement.
Pour plus d'informations sur les enjeux de l'éclairage urbain :
Association des concepteurs lumière sans frontières
L'intervention d'Isabelle Corten au séminaire de Barcelone
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