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A l’heure où les grands événements sportifs se multiplient (Jeux Olympiques de Londres en 2012, Jeux Olympiques d’hiver à Sochi, en Russie, en 2014, Euro 2016 en France, Jeux Olympiques de Rio en 2016, etc.), La Fabrique de la Cité a décidé de se pencher sur la question de l’impact des grandes infrastructures sportives sur le territoire lors du séminaire « Looking for Legacy : for a sustainable impact of major sports infrastructure », le 25 janvier 2012 à Londres.
Conçues initialement pour accueillir un événement à caractère éphémère, ces grandes infrastructures sportives attirent des investissements massifs. Dans une période sous contrainte budgétaire, alors que les villes doivent s’adapter au changement climatique tout en recherchant l’appui des populations locales, penser ces infrastructures sportives comme éléments moteurs et structurants d’un projet de rénovation ou « régénération » urbaine s’impose. La réflexion sur la gestion du « legacy », c’est-à-dire l’impact à long terme de ces grandes infrastructures sportives sur le territoire d’un point de vue économique, social, mais aussi en matière d’aménagement urbain, doit être initiée en amont de leur conception.
Ces infrastructures doivent pouvoir évoluer avec la société, s’adapter aux enjeux de la ville (réchauffement climatique, demande accrue de mobilité connectée aux usages des nouvelles technologies) et être aisément entretenues dans un contexte économique et financier peu favorable à de lourds investissements. Selon John Barrow, Architecte au sein du cabinet Populous, il est de la responsabilité de l’ensemble des acteurs de la ville de concevoir des « infrastructures honnêtes », c’est-à-dire des infrastructures pensées d’abord pour les futurs usagers, conçues comme des leviers de régénération du tissu urbain, avec un coût raisonnable. L’usage doit être privilégié par rapport à la forme esthétique.
Pour Damien Rajot, Directeur Opérationnel Stades chez VINCI Concessions, les grands stades sont amenés à devenir les agoras du XXIème siècle. Ils posent la question de l’accessibilité, mais aussi de la gestion d’un espace quasi-public fonctionnant de façon intermittente. Ils ont vocation à s’affirmer comme des lieux de vie au quotidien : à l’heure du déjeuner, sur les marches d’escalier du Stade de France, des activités sportives sont proposées aux riverains, qui peuvent également participer chaque année à un grand pique-nique dans l’enceinte du stade. Autre initiative favorisant l’appropriation du lieu par les habitants : l’association Diambars accueille des jeunes collégiens et lycéens de Seine-Saint Denis dans les locaux du Stade de France pour leur faire découvrir les différents outils multimédias utilisés par les journalistes sportifs. Les grands rassemblements organisés dans ces « arènes » répondent à un besoin de cohésion sociale et favorisent le rayonnement local. Souvent accompagnés de programmes immobiliers et de surfaces commerciales, les stades ont un rôle de plus en plus structurant sur leur territoire, et offrent l’opportunité de lancer ou relancer de véritables dynamiques d’aménagement urbain.
Afin que ces dynamiques ne soient pas qu’éphémères, il est essentiel de penser les infrastructures sur le long-terme. L’exemple de Londres, qui va accueillir les Jeux Olympiques du 27 juillet au 12 août 2012, est remarquable. Kay Hughes, Conseillère Principale pour la Conception des Infrastructures au sein de l’Olympic Delivery Authority (ODA) et Richard Brown, Directeur de la Stratégie de l’Olympic Park Legacy Company (OPLC) ont ainsi présenté la façon dont le Parc Olympique va peu à peu s’intégrer au tissu urbain de Londres après les Jeux : il s’agit de réaménager l’est londonien et de reconnecter cette ancienne zone industrielle au reste de la ville, afin de favoriser sa « régénération».
L’exemple londonien permet d’illustrer quatre enjeux clés pour un impact durable des infrastructures sportives sur le territoire: rentabilité économique du projet, implication des communautés locales, éco-conception des infrastructures grâce à l’intégration des métiers, et existence d’une structure de gouvernance capable de faire le lien entre planification, conception et gestion du « legacy », rôle tenu à Londres par l’OPLC, en collaboration étroite avec l’ODA.
Comme l’a rappelé Bridget Rosewell, Conseillère Économique de la Greater London Authority (GLA), la question du financement des infrastructures reste au cœur des débats. Le thème du partenariat entre le public et le privé mérite d’être approfondi. Même si de nouveaux rapports s’établissent aujourd’hui entre maîtres d’œuvres, maîtres d’ouvrage et constructeurs, les partenariats public-privé, qui portent sur la conception, la construction et la gestion, peuvent permettre de tenir compte des exigences du «legacy»: celui qui conçoit et construit sait qu’il aura ensuite à gérer. Les modes de partenariat deviennent donc déterminants pour la mise en œuvre du « legacy ».
Enfin, l’enjeu de la flexibilité des infrastructures, tant au niveau de leur conception que de leur exploitation, est central. Le Stade Olympique de Londres comporte ainsi 55 000 sièges temporaires et verra sa capacité réduite à 25 000 places après les Jeux. Ce principe d’anticipation des usages futurs dépasse les frontières du Grand Londres : au Qatar, en 2022, six des douze stades qui accueilleront les matchs de la Coupe du Monde de football seront démontés après l’événement.
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Ajouté le 13/03/2012 à 22h11
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