La Fabrique de la Cité s'est penchée sur le sujet "des nouvelles technologies au service de la mobilité et vice-versa " à Nice le jeudi 24 novembre 2011.
Pour rendre les infrastructures de transport plus efficaces Carlo Ratti, Directeur du SENSEable City Laboratory du Massachusetts Institute of Technology (MIT) a présenté lors du séminaire de La Fabrique de la Cité, les expérimentations déjà en cours dans un certain nombre de grandes villes : Venise, Copenhague, Singapour notamment.
Ces expérimentations ont permis de démontrer qu’il est possible de recueillir des centaines de données en temps réel, qui peuvent permettre d’adapter les politiques de mobilité aux attentes des citoyens. « Les villes dans le monde représentent 50 % de la population et 80 % des émissions de CO2. En agissant sur les comportements à l’aide de ces nouvelles données, on doit pouvoir réduire sensiblement les effets de serre dus à la circulation. »
Pour Carlo Ratti, il est possible de rendre les infrastructures urbaines plus efficaces. Selon lui, il y a la possibilité de redessiner les trajets et de les mettre en adéquation avec les lieux où se trouvent les piétons. Le projet Rome Real Time, du laboratoire SENSEable City du MIT, avait produit le soir de la Coupe du monde de football de 2006 une cartographie dynamique et en temps réel à partir de coordonnées captées par différents médias localisés, notamment à partir des téléphones portables et des récepteurs GPS équipant les bus afin de voir si la présence des piétons correspondait au parcours des systèmes de transports. « Les lignes de bus pourront être reconfigurées. On pourra adapter l’offre en fonction de la demande. On pourra offrir en temps réel, en tenant compte des embouteillages, des concentrations de populations à un instant donné, des plans de circulation modifiables. » Pour le chercheur, « ce qui est aussi intéressant c’est l’interaction et la manière d’agir sur les données origine/destination dont nous disposons. Nous pouvons changer ainsi le rapport à la ville. Le citoyen devient beaucoup plus actif. »
Carlo Ratti donne également l’exemple de Copenhague, où 50 % des trajets urbains se font à bicyclette. Ces bicyclettes accumulent l’énergie et donnent des données en temps réel sur le climat, grâce au partage d’informations, ce qui prouve que « la ville de demain ne sera pas que du béton. Ce sera aussi de l’intelligence. » Le laboratoire a développé un prototype qui a pour particularité d’intégrer un moteur et une batterie sur la roue arrière du vélo. À chaque coup de frein, la dynamo du vélo vient ainsi recharger le deux-roues en électricité. « The Copenhaguen Wheel" utilise une technologie similaire au KERS (Kinetic Energy Recovery System). Ce système a bouleversé les grand-prix de Formule 1 au cours des deux dernières années », explique Carlo Ratti. Cette roue est également capable de se connecter à un appareil Bluetooth (Iphone, Blackberry…) pour lui transmettre des informations en temps réel : distance parcourue, vitesse de déplacement, position ou encore niveau de pollution atmosphérique. Des données que le cycliste peut ensuite partager avec la communauté des utilisateurs de la « Copenhagen Wheel ». « Ce concept, c’est un peu le vélo 2.0. »
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