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Je crois que l’histoire récente de l’espace public, à Barcelone, est assez connue et même très connue. Beaucoup de textes y sont consacrés et je ne veux pas expliquer des choses qui sont connues et répétées. Je veux seulement introduire quelques éléments qui vont dans le sens de ce qu’est l’espace public et qui parfois, se perdent dans une lecture de surface, une vision qui reste sur les éléments de style et sur les éléments les plus visibles, sans rentrer vraiment dans le sens de ce que doit être un bon espace public.
En tant qu’architecte, je vois l’espace public comme l’expression physique de la complexité. J’ai eu la chance de partager, jeudi dernier, à Rabat au Maroc, un colloque sur l’urbanisme avec Edgar Morin. « Qu’est-ce que la complexité ? C’est tout ce qui est ensemble ». Je crois que nous devons trouver la manière d’organiser physiquement l’espace public. Comment affronter les choses qui sont contradictoires, voire antagonistes (les éléments d’usage qui sont toujours très variés, les éléments de mobilité, des significations associées à l’idée de centralité, d’urbanité, d’intensité). Aujourd’hui, il ne fait aucun doute qu’il faut parler d’environnement lorsqu’on parle d’espace public. Comment gérer tous les éléments qui ont trait à la durabilité ? L’idée du patrimoine et de la mémoire sont également toujours associés à l’espace public, même si la mémoire ne porte pas sur la construction physique, mais sur les éléments d’usage, sur les éléments qui se transforment. Je cite souvent Julien Gracq, qui dans « La forme d’une ville », parle de Nantes quand il était jeune enfant - il explique qu’il ne peut se rappeler de la manière dont les gens utilisaient l’espace de la ville, mais qu’il n’a aucun doute, dans sa mémoire, sur la forme de cet espace, sur la condition physique de cet espace. C’est pour cela qu’il faut travailler dans une direction qui permette que les choses qui sont contradictoires, qui se combinent, qui pendant des années, doivent trouver leur expression, se produisent toujours sur un espace qui a une évidence de permanence. Cet espace ne change pas en tant qu’élément physique.
Ainsi, pour moi, l’espace public est une infrastructure de la ville. Je crois que l’élément intéressant dans l’espace public est l’élément d’infrastructure, ce qui ne veut pas dire que je parle du sous-sol. Je suis en train de parler de ce qui soutient la structure, à savoir l’infrastructure qui est parfois mentale. Les connexions Wifi sont aussi de l’infrastructure et ne sont pas un élément physique. La partie infrastructure de l’espace public est vraiment le support de la structure de la ville. C’est ce qui donne cohésion et toute la force à cette ville. Je crois qu’à Barcelone, nous avons réussi à trouver les valeurs d’homogénéité, les valeurs de l’espace public à travers cette idée d’infrastructure. Il ne s’agit pas d’une homogénéité stylistique, mais d’une répétition : refaire toujours d’une certaine façon qui donne cette cohésion et qui a permis de transformer cette ville pendant 32 ans, après les premières élections municipales démocratiques, en 1979 (Franco était mort quatre ans plus tôt, il faut comprendre que nous avons tardé à avoir les premières élections démocratiques locales).
Cette idée d’infrastructure de l’espace public permet également de garantir une direction publique. Parfois, il s’agit d’un contrôle, d’un certain niveau de concertation public/privé. Vous verrez quand vous visiterez le quartier 22@, comment ce projet a été géré à travers l’opération d’infrastructure de l’espace public - les rues de Cerdà. Tous les éléments de gestion et de travail avec le privé se retrouvent au moment où il faut gérer la façon de renouveler les 35 kilomètres de rues qu’il faut refaire dans le quartier.
Un troisième élément est, me semble-t-il, très important. Le maire l’explique beaucoup mieux que moi. C’est la capacité de l’espace public à travailler sur les éléments de cohésion sociale. Tout ce qui est ensemble se trouve dans cet espace public. Une ville joue surtout la garantie d’une capacité de cohésion sociale dans l’espace public et peut-être, par extension, dans les espaces que l’on pourrait appeler collectifs, c’est-à-dire d’accessibilité publique, même s’ils ne sont pas parfois de propriété strictement publique.
Après avoir travaillé et réfléchi sur tous ces éléments pendant de nombreuses années, à Barcelone, nous pourrions dire que l’on a trouvé un certain langage, un certain style. C’est un style qui a même été copié. Parfois, il a été bien copié, parce que l’on a compris qu’il relevait de l’infrastructure, de la complexité, de la cohésion sociale. Parfois, il a été mal copié. C’est ressemblant, mais c’est différent. On dit parfois, dans le monde, que tel espace public est fait dans le style de Barcelone parce qu’il y a des boules en pierre. Il y a huit différents traitements de la surface du sol et tous ont été copiés d’une petite place quelque part, mais ce n’est pas exactement ce que l’on voulait chercher. Même à Barcelone, on a appliqué du modèle Barcelone sans comprendre cette nécessité de travailler sur cette idée d’infrastructure, de cohésion sociale et de complexité. Finalement, nous avons utilisé un certain code qui peut s’interpréter comme un style, comme un langage architectural ou physique du traitement du sol, de l’espace, des éléments.
Un autre élément est essentiel, à savoir les acteurs qui ont fait cela. Comment a-t-on fait cela ? Quand nous avons commencé, nous étions à une époque « de changement ». Nous ne savions pas faire. Nous avons dû inventer. Cela s’est fait à partir d’une direction assez centralisée, les services techniques de la Ville ont dessiné les espaces publics. Puis ils ont pu réunir les architectes, les ingénieurs, gestionnaires d’espaces publics. Des acteurs extérieurs étaient dirigés par ce service, avec cette volonté de trouver une cohésion, mais chacun pouvait s’exprimer de sa propre manière. Un dialogue s’est engagé avec les gens qui étaient concernés ou qui avaient un intérêt pour ces espaces que l’on était en train de produire. La direction politique a été bien sûr très importante de la part du maire Serra dans un premier temps, puis de Pascal Maragall qui a été le grand maire qui a impulsé et dirigé tout cela, le maire Joan Clos et aujourd’hui, le maire Jordi Hereu.
L’idée force était d’avoir la capacité de mixer et d’intégrer, dans un même espace, dans une même conception, avec une définition qui soit la plus ouverte possible, sans se réduire à diviser l’espace pour tous les utilisateurs. Comment fait-on pour que tout puisse être partagé ? Nous sommes arrivés à des limites sûrement exagérées, mais nous avons fait aussi tout le contraire où tout est divisé (les piétons, les bicyclettes, le tramway avec son petit gazon, les bordures infinies). Nous essayons toujours de trouver la limite de l’utilisation partagée des espaces.
Vous voyez le plan Cerdà. C’est de l’infrastructure. Une ville qui s’est construite sur une idée d’urbanité, il y a 150 ans et une infrastructure. Ce sont des rues, un quadrillage. C’est un document d’excellence et nous continuons à travailler sur cette image. Nous n’avons pas fait exactement ce qu’avait imaginé Cerdà, mais c’est un magnifique espace, beaucoup plus complexe. C’est l’infrastructure, les rues, qui donnent toute la capacité à la ville de vivre, de s’étendre, de se transformer.
Sur cette idée de base, je voudrais expliquer maintenant trois étapes.
1/ Vous voyez en rouge une première étape de petites places, de petites opérations que l’on a appelées l’acupuncture urbaine – on parle aussi de « métastases positives ». Comment, à partir d’une petite partie, on essaye de couvrir une dimension beaucoup plus importante ? Cette première phase est une phase d’expérimentation, de recherche et d’échec dans la définition d’un certain style, d’une valeur et d’un symbole associés à ces espaces. C’est aussi la phase où l’on commence à travailler dans l’idée de se rapprocher vraiment des gens qui habitent à Barcelone et qui ont un niveau de perception différent de cet espace - la décentralisation. Nous avons dix arrondissements à Barcelone ; la ville fait seulement 100 kilomètres carrés. Dans cette première phase, nous avons commencé aussi à travailler sur l’idée de l’intégration des infrastructures. Je parle maintenant des « infrastructures d’ingénieurs » : elles sont dures et il faut trouver la manière de les rendre plus aimables, plus urbaines. Nous avons commencé cette étape à partir de l’ouverture vers/sur la mer. Nous avons fait les premiers parcs, sur des terrains qui étaient libres ; nous avons travaillé également sur la définition de l’idée de centralité. Nous n’avions pas de sous non plus. Vous voyez quelques exemples. En noir et blanc, vous voyez ce qui était avant et en couleur, des photos une fois les opérations de transformation des différents espaces terminées. C’est aussi le moment où nous avons commencé à parler de l’art public, des éléments de qualification de ces espaces public avec des sculptures.
2/ L’étape des Jeux Olympiques est un moment stellaire. Je le mets normalement, dans mes présentations, juste après le plan Cerdà. C’est un moment de changement où nous avons réussi à récupérer un ter rain qui était perdu. Vous voyez toute la surface de sol qui a été affectée par la construction de la rocade, des infrastructures, des aires olympiques, du village olympique, du stade olympique. Il y a eu une accélération de tous les éléments de transformation, avec l’intégration de ces éléments d’une certaine taille comme pièces de la ville. II ne s’agit plus de réaliser des petites pièces dans la ville, mais vraiment de trouver la manière d’ouvrir la ville sur ces pièces, pour trouver cette continuité, cette identité spécifique. On cherche des nouvelles images de la ville de Barcelone, d’une manière très forte, très identitaire. Après une grande polémique sur le problème du vert ou du dur dans les espaces publics, nous avons introduit, d’une manière très claire, le vert comme élément de travail, dans les projets d’espaces publics. Nous continuons aussi à faire de petits espaces. Ce n’est pas une étape qui se ferme et une nouvelle étape qui s’ouvre, mais c’est vraiment un nouveau niveau de complexité qui apparaît.
3/ En ce moment, nous parlons d’espaces publics qui servent la stratégie du plan de mobilité urbaine 2008-2018. Nous avons défini, il y a trois ans, une stratégie de mobilité urbaine pour dix ans. Les travaux et les transformations se font surtout sur les espaces qui ont une certaine incidence. Aujourd’hui, à l’intérieur de la ville de Barcelone, plus de 50 % des déplacements se font à pied ou en vélo, le vélo représentant une petite part des déplacements ; 30 % se font en transport en commun et 20 % en voiture ou en moto. Ces chiffres sont assez intéressants, mais ils se détériorent à l’échelle de l’agglomération, lorsque les gens se déplacent vers l’intérieur ou l’extérieur de la ville : un tiers des déplacements se font en transport en commun, un tiers à pied ou en vélo et un tiers en voiture privée. Le plan que nous avons défini pour 2018 a pour objectifs de faire baisser ce tiers de déplacements en voiture à 25 %, d’augmenter à 40 % les déplacements en transports en commun et de maintenir à 35 % les déplacements à pied ou en vélo, dans l’ensemble de l’agglomération.
Pour ce faire, il faut bien sûr travailler sur une échelle métropolitaine, mais il faut surtout y croire et travailler des espaces publics qui réduisent les chaussées, qui offrent plus de place aux trottoirs, qui donnent une capacité à traverser les grandes voies.
Nous sommes en train de travailler sur ces nouveaux paradigmes. Vous voyez quelques exemples d’intégration de transports publics et de la rocade qui a été couverte, avec un traitement en jardin. Vous voyez aussi l’exemple de cette ancienne rocade, au milieu de la ville, qui, par étapes successives, s’est transformée. Nous travaillons depuis quinze ans et nous terminerons, dans quatre ans, par fermer cette grande boucle qui est à l’intérieur de la ville, ce qui permettra d’avoir un espace beaucoup plus aimable pour les piétons, pour le commerce. Quand on parle de mobilité, on parle de positionnement des éléments dans la ville, de la spécialisation ou non des voies, de l’influence d’échelle associée à tous ces projets et pour moi, l’idée de continuité est un élément structurant de l’espace public. Je pense qu’il n’est pas bon que l’espace public reste coupé ou fermé.
Quand nous avons commencé les petites opérations, je me suis dit que nous n’arriverions pas à récupérer les intérieurs des ilots de Cerdà. Depuis ces dernières années, nous les associons toujours à des équipements parce qu’ils permettent le contrôle social de l’espace public. Vous voyez un espace public qui va être fait dans un ilot : il s’agit d’une crèche pour des enfants de 0 à 3 ans et le petit jardin existe déjà, avec deux entrées.
Un deuxième élément de la stratégie actuelle repose sur ce que l’on appelle les grands espaces verts. Comment traiter le vert qui est au centre de la ville ? Les rues de Cerdà, les rues du quadrillage sont des rues magnifiques. Il y a un arbre planté tous les huit mètres de chaque côté de la rue. A Barcelone, nous avons 300 000 arbres. La moitié, soit 150 000, est dans les rues, en alignement. L’autre moitié se trouve dans les parcs. C’est en partant de la structure des rues définie par Cerdà, qui a aussi défini les plantations des arbres tous les huit mètres, que nous avons intégré d’une manière très claire l’idée d’avoir dans les rues tous les arbres que l’on pouvait. Ils donnent de l’ombre, participent de la qualité de l’air.
La ville a récupéré le contact avec la mer. Maintenant, nous sommes en train de travailler pour récupérer le contact avec la montagne, avec la colline du Tibidabo, au nord. La rocade, construite pour les Jeux olympiques, a donné une accessibilité à cet espace qui est très contraint. Nous l’avons défini comme un parc naturel, à l’échelle de toute la région de Catalogne. Il faut trouver la manière de résoudre ce contact entre la ville, le tissu très dense et le parc naturel. Nous travaillons sur des petits projets qui essaient de trouver des chemins, des capacités de continuités. J’illustrerai la route des eaux (« Les aigues »), appelée comme ça parce qu’un grand tuyau connecte les deux arrivées d’eau de la ville. Quand la compagnie des eaux a construit ce grand tuyau, elle a fait une petite route pour l’entretien. Nous l’avons réaménagée par petits morceaux. Lorsqu’on trouve des difficultés topographiques, on fait un petit pont, une petite passerelle pour donner cette continuité. Chaque mandat municipal regagne quelques centaines de mètres et petit à petit, nous arriverons à avoir un parcours de 16 ou 17 kilomètres.
D’un autre côté, nous essayons aussi de récupérer la montagne de Montjuïc, qui fait 170 mètres de hauteur. La colline était très maltraitée par les voitures et le parking n’était pas très contrôlé. Nous récupérons le vert, les petits chemins en les rendant accessibles, pour qu’il n’y ait pas seulement des escaliers, mais que les pentes puissent être travaillées pour permettre cette continuité.
Au centre de Barcelone, il y a le parc de la « Ciudadela », appelé ainsi parce que les Bourbons y avaient installée la citadelle depuis laquelle ils défendaient la ville ou l’attaquaient. Quand on a récupéré cet espace, il y a 150 ans, on en a fait un parc pour une exposition universelle. Ce parc était la limite de la ville. Après, il y avait des infrastructures ferroviaires et la zone industrielle. A travers l’idée d’ouvrir ce parc, il s’agit de trouver la manière de faire cette charnière vers la ville qui s’étend au-delà et qui est aujourd’hui la ville centrale. Ce parc était vraiment la limite de la ville. Le territoire de l’industrie était absolument séparé du centre-ville.
Vous verrez cela après-demain, d’une manière très précise, avec Aurorá Lopez, pour ce qui est du secteur 22@. Je n’en parlerai pas, mais je voudrais juste donner une référence. Nous dessinons ce triangle pour dire qu’à partir de ce triangle, nous avons réussi à déclencher un processus de transformation de quinze à vingt ans. C’est le secteur 22@, après la récupération des éléments de la côte, avec le village olympique, etc. Toute cette partie est prise par trois points qui sont les trois grands projets urbains que nous avons faits ou que nous sommes en train de développer actuellement. Ce secteur 22@ s’est construit encore sur l’infrastructure. C’est la force de l’infrastructure de l’espace public qui nous donne la garantie de qualité et qui nous offre la possibilité de pouvoir travailler.
Vous voyez ensuite une image de la trame Cerdà des années 40 du siècle dernier. Ce n’est pas la grille typique de Cerdà que vous connaissez peut-être par des photos. 25 % des ilots de Cerdà ne sont pas typiques ; je ne sais donc pas s’il peut dire qu’il y a une grille typique. Nous sommes en train de changer cet espace industriel, mais nous avons la chance d’avoir les rues, l’espace public, la force de cette infrastructure. Si on l’imagine comme infrastructure, on peut alors commencer à penser comment gérer cet espace, comment le changer, comment le transformer et comment utiliser les nouveaux éléments disponibles aujourd’hui pour faire la ville.
Aux trois angles de ce triangle, il y a d’abord la place de « les Glories », définie, il y a 150 ans, comme le centre géométrique de la ville, mais qui n’a jamais réussi à l’être. Aujourd’hui, nous travaillons sur l’idée d’un grand parc qui doit permettre un échange d’échelle entre les rues de la grille, les grands éléments d’infrastructure, de voirie surtout et les grands équipements qui seront installés (le nouveau siège du marché aux puces qui est juste à côté, la tour de Jean Nouvel que vous connaissez certainement, le nouveau bâtiment pour le musée du design). Ce parc doit encore être défini parce que nous ne sommes pas encore arrivés à sa définition.
Un autre angle correspond à la surface du forum. C’est l’intégration des éléments d’infrastructure, l’intégration des grands équipements dans un espace de ville. Le nouveau campus pour l’université technique est directement associé à l’opération 22@. La force de l’espace public se dessine. On associe ici la pergola photovoltaïque aux nouveaux espaces, aux nouveaux temps, etc. Quand nous avons fait cela, il y a six ou sept ans, nous ne l’avons pas fait pour l’efficacité de cette technologie, mais plutôt pour rechercher des énergies plus propres. C’est finalement l’image qui reste de tout cet espace public qui est utilisé pour les grands événements et qui pose beaucoup de questions. Faut-il le laisser ouvert ? Faut-il le fermer ? Comment faire un contrôle lors d’un grand événement ? Aujourd’hui, nous devons nous adapter et nous sommes dans ce process. Nous nous sommes attachés à ce que cet espace rentre dans la ville.
Au troisième angle, il y aura la grande gare de Barcelone, la gare de TGV qui va vers le nord. Il y avait là de grandes étendues de voies ferrées, des anciennes gares de triage, etc. Aujourd’hui, nous essayons de reconnecter les deux quartiers qui étaient en bas et en haut de cette grande faille urbaine, à travers un grand parc linéaire. Aujourd’hui, c’est en concours. Chaque équipe est formée de trois équipes, ce qui fait quinze agences d’espaces publics qui travaillent actuellement sur le concours de définition de ce couloir de 3,5 kilomètres qui se situe entre l’axe nord-sud de la ville et la place de « les Glories ».
Nous devons partir de la dimension métropolitaine si nous voulons associer l’espace public aux références identitaires et surtout aux transports et à la mobilité. Nous travaillons donc aussi avec l’aire métropolitaine qui compte environ trois millions et demi d’habitants. Au milieu, il y a un grand parc naturel. Au sud, il y en a un autre. Les éléments de voirie, les grandes infrastructures de transport ferroviaire (métro, etc.) et les espaces verts vont donner la cohésion de cette nouvelle aire métropolitaine que nous allons développer dans les prochaines années.
Je reviens au centre de Barcelone parce que la ville métropolitaine ne doit jamais perdre l’idée d’un noyau. Au centre de la ville, nous continuons à travailler dans les espaces libres. Le marché de la Boqueria qui a aujourd’hui une façade splendide sur « les Ramblas », cherche à définir sa façade arrière vers le quartier, avec la place, des logements à gauche, l’école des arts et métiers de la municipalité à droite. La façade du marché sera dans un espace public qui lui donnera cette cohésion. Nous avons travaillé avec des ouvertures, en centre-ville, pour essayer de faire respirer un peu un tissu qui était peut-être arrivé à un niveau de densité, de fermeture un peu exagéré.
Comme je vous l’ai expliqué, nous avons fait cela en concertation avec beaucoup d’acteurs, surtout avec ceux qui ne voulaient pas une rue pour les voitures, un espace où on ne marche pas. Ils ont eu ce qu’ils voulaient puisqu’ils ont maintenant l’espace vert que vous voyez en bas. C’est essentiel. Nous travaillons pour les gens, nous ne travaillons pas pour la décoration ni pour l’expression plus ou moins intéressante des architectes et des dessinateurs. La montagne et la mer se voient, la ville, au milieu, s’étend entre deux rivières. Telle est notre ville. Je vous souhaite un très bon séjour dans cet espace. Merci.
Architecte en chef de la Ville de Barcelone
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