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Je vais parler d’un sujet très différent de ce dont on a parlé jusqu’à présent puisque les présentations portaient sur les bâtiments civils et pour ma part, je m’occupe de conservation des biens culturels. C’est donc une application particulière qui est parfois sous-évaluée. Mon but est donc de vous y sensibiliser.
Comme vous le savez, dans le champ civil, les problèmes sont en train d’être étudiés. On regarde l’efficience énergétique dans les bâtiments et surtout l’application de certaines technologiques pour la trouver. Un grand nombre de bâtiments résidentiels contiennent une quantité importante de bâtiments historiques qu’on ne peut pas traiter comme les autres. Il y a plus de 3,5 millions de bâtiments historiques et 80 % de ces bâtiments doivent être réhabilités d’un point de vue énergétique dans un futur proche. Les bâtiments historiques ne peuvent pas être traités de la même façon que les bâtiments civils. Ils ont des besoins particuliers et doivent faire l’objet d’une attention particulière. Ils ont besoin d’être déstructurés parce qu’on a besoin d’y intervenir de plus en plus. On a besoin de rendre ces bâtiments vivables. Le confort doit être le même que dans les autres bâtiments civils, mais on doit y arriver en respectant leur conservation. Par bâtiments historiques, on n’entend pas seulement les musées et les églises ; ce sont aussi des bâtiments où vivent des gens.
Je vous montre deux exemples, juste pour vous donner une idée de ce que je suis en train de vous expliquer. Le premier concerne le Louvre où la demande d’énergie est très importante. On a besoin de beaucoup d’énergie pour arriver aux bonnes conditions de conservation des œuvres d’art. Les exigences de chauffage ne sont pas toujours respectées dans les églises ou les musées, ce qui signifie que la température et l’humidité varient beaucoup et rendent la conservation difficile. C’est difficile à faire comprendre aux directeurs, aux prêtres ou aux personnes qui gèrent ces bâtiments parce que les dépenses sont importantes. Or c’est un environnement qui n’a pas beaucoup d’argent. Le deuxième exemple concerne le chauffage dans la Galerie des Offices à Florence. Les isolants sont des sections horizontales et on voit des concentrations d’isolants près de points de chauffage, ce qui signifie qu’il y a des différences de température très marquées dans l’espace. Ce n’est pas acceptable du point de vue de la conservation des biens culturels. Je voulais juste vous faire part de ces deux exemples pour vous montrer que les conditions dans lesquelles sont gérés ces bâtiments aujourd’hui ne sont pas acceptables. Cela dit, je pense que la conservation de l’énergie vers laquelle on se dirige de plus en plus est un bien pour les bâtiments culturels. Tous les moyens et toutes les technologies qui sont proposés et utilisés pour la conservation de l’énergie vont dans la direction que je souhaite.
Se pose aussi toute la problématique des surfaces extérieures. Avec ce projet qu’a conduit mon institut, on a fait des cartographies des polluants atmosphériques qui sont importants pour les biens culturels. Si la production d’énergie, la production de polluants et les émissions de CO2 restent les mêmes, on a essayé de voir quelle serait la conservation future des biens culturels. A travers un autre projet qui se déroule actuellement, nous sommes en train de voir quels sont les effets des différents types de polluants sur les biens culturels et ce qu’il en sera dans le futur. On a le devoir de comprendre et d’intervenir dans ce sens.
Comme je vous le disais, la ville historique est un champ très spécial. On doit comprendre qu’on ne peut pas appliquer à cet environnement les solutions qu’on est en train de trouver pour les bâtiments civils. On a besoin de les adapter. Il y a beaucoup de barrières. On doit respecter l’architecture et de nombreux détails, ce qui ne permet pas de suivre ce qui est mis en place pour le civil et pour la future ville dont vous parlez. Il faut donc étudier les solutions, les adapter, les ajuster et voir quelles sont les applications possibles.
Je vais dire quelques mots sur l’aspect économique qui est parfois sous-évalué dans ce contexte. Il y a
20 500 musées en Europe. Etc. Il y a une quantité énorme de travail dans le domaine du tourisme et des biens culturels et donc une quantité d’argent énorme. Seulement un dixième du prix d’entrée d’un musée va aux biens culturels mêmes. 90 % vont au travail qui se fait autour. Il est évident que l’on doit réduire la dépendance énergétique fossile, que l’on doit développer de nouvelles technologies et trouver des systèmes efficients, mais toujours en respectant ce que sont les barrières et limites architecturales spécifiques à ce champ. Il y a des spécificités des biens culturels. L’héritage doit être compris. On doit faire beauocup de recherches et d’études pour trouver des solutions. Nous sommes très loin d’avoir trouvé ces solutions pour les biens culturels parce que l’application n’est pas automatique. Il faut donc trouver des métrologies et des critères pour dépasser toutes les barrières.
On parle beauocup de directives et de standards dans le civil. Je suis à l’origine de la publication de normes en Italie. Nous sommes donc en train de développer des standards. Dans ce champ, il n’y a pratiquement rien. Tout le travail est porté sur le civil et les standards proposés au civil ne sont pas applicables aux biens culturels. On conserve des biens qui ne sont pas renouvelables. J’espère donc que ce sera considéré.
Professeur CNR-ISAC
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