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West Annex News

Comment faire de la ville un incubateur de santé  ?

14/10/2015 - Comment faire de la ville un incubateur de santé ?

Le potentiel de la santé connectée

Dans son étude originale pour La Fabrique de la Cité, Michel Ladet, vice-président de Sociovision, identifie quatre forces de transformation essentielles pour appréhender le futur de la santé en ville. Première force, la diffusion massive des technologies médicales connectées. « Beaucoup de citoyens, notamment chez les moins de 35 ans, sont prêts à faire de la ‘santé connectée’ une forme de ‘santé partagée’ à travers une approche collaborative », explique Michel Ladet. Objectif à terme : réduire les dépenses de santé grâce à la mise en réseau raisonnée des données médicales et l’adoption par chaque citoyen de « bons réflexes ». En matière de santé connectée en réseau, la ville d’Eindhoven, aux Pays-Bas, fait figure de modèle. Elle a déployé un réseau de capteurs reliés à une plate-forme en ligne pour identifier en temps réel les zones les plus polluées et celles où les parcours de mobilité sont les moins nocifs pour la santé. Baptisé AiREAS, ce programme mobilise aussi des citoyens volontaires et des universitaires travaillant sur le rapport entre le degré de pollution et l’évolution de certaines maladies.

Les promesses de l’acupuncture urbaine

Deuxième force de transformation : la notion de Slow City. « C’est l’idée que la grande menace qui pèse sur notre santé, c’est la vitesse. Il s’agit alors de créer des espaces pour ré-humaniser les rythmes de vie urbains et permettre à chacun de devenir coproducteur du bien-être en ville », soutient Michel Ladet, qui cite comme exemple de cette démarche le succès des initiatives d’agriculture urbaine. Particulièrement populaire dans les pays d’Europe latine, la notion de Slow City implique de prévoir dans tout nouveau projet urbain des espaces que les citadins pourront modifier et modeler selon leurs aspirations. Cette logique, c’est celle de « l’acupuncture urbaine », expérimentée à Curitiba, au Brésil, depuis les années 1970.

Plus d’autonomie pour les collectivités locales

Les citoyens sont également favorables à plus d’autonomie et d’agilité pour les villes en matière de santé. Concrètement, il s’agit de renforcer la capacité d’action des collectivités locales, pour éviter la concentration des services médicaux dans des hôpitaux excentrés. Face à la saturation du système classique de soins, la priorité est plutôt l’aménagement de structures médicales de proximité. Suivant cette logique, le programme londonien « e-Health » propose ainsi des prestations médicales dans des bâtiments accueillant également des associations et des start-up du secteur de la santé. « La décentralisation des services de santé est un facteur essentiel : à l’avenir, les villes auront plus d’autonomie pour définir leur politique en matière de santé », affirme Jacob West. Quatrième et dernière force de transformation identifiée par Sociovision : la « santé augmentée », c’est-à-dire la capacité pour chaque individu d’améliorer ses performances corporelles. Cette perspective, qui peut aller jusqu’au transhumanisme, séduit de plus en plus les citadins et les entreprises, comme en atteste l’intérêt pour manifesté par Google ou Amazon sur ces questions.

Accompagner les usages citoyens

Un constat s’impose : ce sont d’abord les usages vertueux des citadins qui déterminent la politique des villes en matière de santé. « Aménager des infrastructures plus saines est important, mais accompagner la demande sociale est encore plus puissant », explique Jacob West, qui a vu Londres devenir en quelques années la première capitale mondiale pour le nombre de trajets effectués en bicyclette. Pour réussir à accompagner ces usages, les villes peuvent notamment travailler à « rendre visible l’invisible », comme le dit Gyorgyi Galik, chercheuse en design pour Future Cities Catapult, un accélérateur de projets urbains innovants. Elle souligne par exemple que « notre perception de la pollution est plus subjective que scientifique. On ne pense à la pollution que quand on la voit ou qu’on la sent. » Dans cette perspective, l’urban data constitue un outil indispensable pour mieux visualiser l’impact positif et négatif de l’activité urbaine sur la qualité de vie et contribuer, à terme, à faire des villes de véritables incubateurs de santé.

L'événement

Comment faire de la ville un incubateur de santé ?
Séminaire régional - 14 octobre 2015 - Numa, Paris