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Grand Parc Bordeaux France - Flickr

Le financement des infrastructures urbaines : quelles pistes ?

30/10/2013 -

Un constat : le « funding gap »

Le débat s’est ouvert sur le constat du “gap“ actuel entre les vecteurs traditionnels de financement (endettement public, emprunt bancaire) et les besoins projetés dans l’ensemble des régions du monde, en termes à la fois de nouvelles infrastructures et de maintenance des équipements existants.

D’un côté, les collectivités publiques, qu’elles soient locales ou nationales, sont aujourd’hui dans des telles situations d’endettement qu’elles ne peuvent plus investir comme elles faisaient auparavant et privilégient donc les dépenses de fonctionnement (masse salariale, actions de cohésion sociale, éducation, santé). Si la création d’infrastructures a longtemps paru alimenter un cercle vertueux générant de la croissance économique et du produit fiscal, les acteurs publics n’ont plus désormais les moyens d’un tel pari. Le financement bancaire n’est pas dans une meilleure configuration, le renforcement des règles prudentielles ayant rendu plus difficile la mise en place de crédits de long terme.

D’un autre côté, selon une récente étude de McKinsey, les investissements en infrastructures (transport, énergie, réseaux de communication, etc.) devront ainsi augmenter de 60% d’ici 2030 pour s’adapter aux projections de croissance économique. A l’échelle mondiale, 57 000 Mds $ devront ainsi être consacrés au renouvellement ou à la maintenance des grandes infrastructures urbaines. Parmi celles-ci, on peut citer en particulier les réseaux routiers et ferroviaires (21 500 Mds $), les infrastructures de production et de distribution énergétique (12 200 Mds $) et les réseaux de télécommunication (9 500 Mds $).

Les infrastructures, une classe d’actifs financiers comme les autres ?

Certains investisseurs sont à la recherche d’emplois longs pour leur épargne. Comment dès lors mobiliser ces capitaux pour combler le “funding gap“ sur les infrastructures ? Comment structurer les projets afin qu’ils soient attractifs pour des investisseurs de long terme et qu’ils répondent à leurs attentes en matière de risque et de rentabilité ? Comment aborder la phase de construction, avant l’exploitation des infrastructures, qui ne produit par définition aucun cash flow ?

Frédéric Blanc-Brude a montré que les projets d’infrastructures pouvaient constituer, pour les investisseurs institutionnels, des actifs intéressants. Ils ont en effet une certaine duration ; ils visent la production de cash flow et l’investissement peut y être direct, sans passage par les marchés financiers. L’important consiste donc à déterminer comment l’adéquation peut se réaliser de manière optimale entre les investisseurs et les constructeurs/exploitants d’infrastructures.

Pour Frédéric Blanc-Brude, ce n’est pas tant l’infrastructure en elle-même qui compte –c’est-à-dire le besoin social et/ou économique auquel elle répond–. Il faut au contraire mettre au premier plan le cadre partenarial et contractuel dans lequel s’inscrit le projet. L’objet du travail de Frédéric Blanc-Brude vise à construire un indice de référence qui permette de documenter le comportement financier de ces actifs en tant que portefeuille (et non projet par projet). La mise en évidence d’un tel indice apparaît comme un préalable indispensable pour les investisseurs puisqu’il rendrait possible l’évaluation de la performance des infrastructures en tant que classe d’actifs. Une fois ce travail accompli, il deviendrait alors possible de procéder à des combinaisons d’actifs maximisant leur rendement dans un certain horizon temporel.

Une telle démarche – que Frédéric Blanc-Brude soutient par son travail de collecte de données sur les projets d’infrastructures à l’échelle mondiale – pourrait permettre de faire le pont entre des projets souvent ancrés dans des préoccupations locales et les attentes des investisseurs de long terme, qui visent la diversification de leurs investissements en termes de taille de projet et d’implantation (risques pays et régulatoires).

Les débats ont enfin insisté, d’une part, sur la standardisation nécessaire des contrats en financement de projet et, d’autre part, sur l’intérêt des démarches engagées au plan européen en matière de programmation pluriannuelle des projets.

Téléchargez l'étude de l'EDHEC-Risk Institute avec Frédéric Blanc-Brude

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