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Nouvelles mobilités dans les périphéries urbaines

20/01/2015 -

Les transports collectifs sont souvent vantés pour leur efficacité dans les centres-villes des grandes métropoles. Mais ils se révèlent également pertinents lorsqu’il s’agit de faciliter la mobilité des habitants des zones périurbaines. Telle est en tout cas la conclusion de l’étude réalisée par le cabinet Carbone 4 pour La Fabrique de la Cité, dont les conclusions ont été présentées ce mercredi 14 janvier.
En se fondant sur les résultats d’expérimentations menées en France et à l’étranger, Jean-Marc Jancovici, associé et fondateur de Carbone 4, a développé une méthode permettant d’estimer le gain économique et environnemental de l’introduction d’offres de mobilité complémentaires à la voiture particulière. Le bus express, le covoiturage et le transport à la demande sont au cœur de cette démarche d’optimisation des transports dans le périurbain. En contrepoint, La Fabrique de la Cité a invité Ben Plowden, le directeur de la stratégie et de la planification de Transport for London, à montrer comment Londres répond à la demande de mobilité des habitants des zones périphériques, en offrant des services alternatifs ou complémentaires au véhicule particulier.

Le bus, une solution économique pour les citadins et la collectivité

Se déplacer en bus express plutôt qu’en voiture ou en train représente une économie substantielle pour les ménages, de l’ordre de « 300 à 1000 euros par an et par usager », selon Carbone 4, qui a concentré son travail sur le réseau de bus express madrilène et sur deux lignes françaises (TransIsère et Chronobus, à Nantes). Les citoyens ne sont pas les seuls acteurs à profiter de la mise en place d’un réseau de bus express. Les collectivités y trouvent aussi leur compte, puisqu’elles peuvent économiser des sommes non négligeables, de l’ordre de 500 à 1200 euros par usager et par an. « Le bus express sera souvent économiquement plus avantageux que les transports en commun guidés comme le TER ou le tramway, ce qui diminue le montant de la dépense publique », explique Jean-Marc Jancovici.
Ces chiffres se confirment à l’échelle d’une grande métropole comme Londres où, chaque jour, plus de 6 millions de voyages sont effectués dans les quelques 8000 bus en circulation dans la capitale britannique. « C’est un chiffre peu connu et qui peut surprendre mais nous avons aujourd’hui deux fois plus de Londoniens qui prennent le bus plutôt que le métro », explique Ben Plowden.
Couvrant un immense territoire, Londres se divise en trois zones distinctes : le centre-ville, son cœur économique et touristique, les quartiers plus excentrés de l’Inner city, et enfin l’Outer London, ce troisième cercle où vivent 60% des Londoniens et qui constitue le point de départ, le point de passage ou la destination de 65% des déplacements effectués en voiture dans la ville. « Notre priorité, c’était donc que chaque Londonien puisse atteindre un arrêt de bus en marchant au maximum 5 minutes, et ce même lorsqu’il est loin du centre-ville », selon Plowden, qui insiste également sur le rôle du réseau de bus nocturnes dans la récente réduction du trafic automobile dans Londres intra muros.

Le covoiturage fait bouger les usages

Autre solution pratique et économique, le covoiturage. D’après Carbone 4, qui a étudié le réseau toulousain (Tisseo) et celui du Grand Lyon, partager un trajet en voiture permet, tout comme le bus express, de faire de substantielles économies (entre 250 et 1000 euros par an et par usager), « en contrepartie d’un investissement faible de la part de la collectivité », se traduisant par exemple par l’aménagement de parkings relais. Plus encore peut-être que le bus express, le covoiturage transforme les comportements des usagers. Entre 5 et 20% des habitués du covoiturage se « déséquipent » ou envisagent de le faire à court terme, car ils ont pris conscience qu’ils n’avaient plus besoin de posséder un véhicule.
Troisième solution de mobilité permettant de limiter le recours à la voiture dans les couronnes urbaines : le transport à la demande (TAD), particulièrement utile quand une ligne virtuelle remplace une ligne régulière trop peu fréquentée. Autre avantage du TAD : il possède « un fort intérêt social, permettant à des personnes âgées ou non motorisées de pouvoir se déplacer», d’après l’étude de Carbone 4.
Là encore, Londres offre un exemple pertinent. La ville a su répondre en effet au problème du trafic automobile en structurant une offre de covoiturage et de voitures à la demande à la fois riche et efficace. En 2015, plus de 130 000 Londoniens sont inscrits dans un car club, soit 80% de l’offre nationale de véhicules en partage. La taille de l’agglomération londonienne – et donc l’espace disponible pour le parking – a bien sûr joué un rôle majeur dans le développement de cette offre. Pour Ben Plowden, «cela a également été rendu possible par l’implication des gros acteurs privés de la location de voitures, comme Avis, qui investissent aujourd’hui massivement dans ce secteur. »

Gouvernance intégrée

À l’heure où une part de plus en plus importante de la population française vit dans la périphérie des villes, il apparaît nécessaire de mettre en place de nouvelles offres de mobilité permettant de réduire la dépendance à l’égard de la voiture particulière, dont le bilan carbone et le poids dans le budget des ménages pèsent aujourd’hui trop lourd. Pour y parvenir, il convient de s’inspirer de l’exemple londonien en faisant le choix d’une politique intégrée en matière de mobilité urbaine. Cela peut passer par la création, à l’échelle de la ville, d’un organisme centralisé chargé de la définition, de la coordination et de la gestion de l’ensemble de l’offre de transports, sur le modèle de Transport for London. « Depuis 2000, on observe que le trafic automobile baisse tandis que la population augmente. Auparavant, les deux courbes étaient corrélées », se félicite ainsi Ben Plowden. Quinze ans tout juste après sa création, « TfL » a bel et bien fait ses preuves. À tel point que l’organisme public londonien est aujourd’hui considéré comme l’un des modèles les plus intégrés au monde en matière de transports.

L'événement

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