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Roger Jolly - Flickr CC

Quel rôle pour les villes dans la transition énergétique ?

14/02/2014 -

Le rôle des villes dans la transition énergétique

En introduction de ce petit-déjeuner, Remi Dorval a présenté les principaux résultats d’un travail mené par La Fabrique de la Cité sur le rôle des villes dans la transition énergétique à partir d’une question simple mais néanmoins provocante dans un pays marqué par un fort centralisme énergétique : dans quelle mesure et comment les villes peuvent-elles contribuer à enrayer l’augmentation de la demande énergétique mondiale ?

Quatre phénomènes susceptibles de modifier à terme le jeu des acteurs, en particulier en France ont été évoqués :

- le renforcement du rôle des collectivités locales sur les enjeux énergétiques et environnementaux comme l’a d’ailleurs rappelé le Parlement européen dans la feuille de route de l’énergie 2050 ;
- la transversalité des questions énergétiques et environnementales, qui concernent la production et la consommation, l’électricité, le gaz et le chauffage urbain, la production immobilière et le transport, l’éclairage public et les bâtiments, etc. ;
- le rôle nouveau des TIC pour relever les défis énergétiques, avec les objectifs de maîtrise de la demande et d’optimisation à la maille locale ;
- le niveau d’investissement nécessaire pour relever ces défis, avec la mise en place d’outils adaptés, permettant de garantir la performance énergétique sans alourdir la facture publique.

Des villes pionnières comme Stockholm, Oslo, Copenhague, Amsterdam, Dunkerque ou Lausanne, suggèrent l’ampleur du potentiel d’économies d’énergie que peuvent initier les politiques urbaines. Elles montrent également le gisement de ressources locales non exploitées (énergies renouvelables, valorisation énergétique des déchets et de la chaleur fatale, etc.).

Pour ce faire, il faut concevoir la gestion de l’énergie au niveau local dans une chaîne unissant le bâtiment, l’îlot, le quartier et la ville. Ainsi, à chaque maille ses modalités de gestion de l’énergie : isolation thermique pour le bâtiment, optimisation des flux d’énergie entre bâtiments tertiaires et résidentiels pour l’îlot, gestion active de la demande pour le quartier, réseaux de chaleur pour la ville…

Going green : les stratégies d’adaptation des villes à la nouvelle donne climatique

L’intervention de Philipp Rode est venue illustrer le propos d’exemples concrets en montrant quelles stratégies développent un certain nombre de villes mondiales pour s’adapter à la nouvelle donne climatique.

La mobilité et le cas de Berlin

En lien avec le plan d’action fédéral sur la transition énergétique, les Länder de Berlin et du Brandebourg se sont en effet fixés pour objectifs :
- de parvenir à 100% de couverture des besoins en électricité par des sources renouvelables d’ici 2030 (on est à 45% actuellement, ce qui est 2 fois plus que le niveau constaté sur l’ensemble du pays);
- d’avoir 15 000 véhicules électriques en circulation d’ici 2015 et 3700 points de rechargement (dont 2300 privés).
Berlin est aujourd’hui vu comme un important lieu d’innovation. La Deutsche Bahn y a ainsi installé un centre de recherche d’excellence pour intégrer la question de la mobilité électrique au système public de transport, avec pour ambition d’exporter ce modèle ailleurs dans le pays et en Europe. Un campus sur les énergies renouvelables (EUREF) a été créé en 2009 en plein centre-ville, pour un investissement total de 600 millions d’euros. De nombreux acteurs privés s’intéressent aussi à Berlin et y mènent des projets innovants : des constructeurs automobiles comme Daimler et Citroën, des entreprises de services comme RWE et Vattenfall et des fournisseurs de services technologiques comme Bosch ou Siemens.

L’éco-conception des ensembles bâtis, à Portland aux Etats-Unis.

A l’horizon 2030, Portland entend :
- réduire de 25% l’ensemble des consommations d’énergie dans les immeubles construits avant 2010 ;
- réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les immeubles neufs ;
- produire localement et de façon renouvelable 10% des besoins énergétiques ;
- garantir l’adaptabilité des nouvelles constructions et des aménagements faits sur les anciennes aux conséquences du changement climatique (logique d’optimisation).
Dès 2005, la municipalité a reçu la certification LEED gold pour ses nouveaux immeubles administratifs. Elle a décidé, en 2009, de créer 5 éco-quartiers, avec un objectif d’auto-production énergétique et un approvisionnement local en eau. Autre démarche ambitieuse et volontariste, la ville a décidé d’obliger la réalisation de toits végétalisés sur toutes les nouvelles constructions d’immeubles (bureaux et habitations). La municipalité a accompagné ce développement par la création, en 2008, du Portland Sustainability Institute (POSI). Cet organisme indépendant à but non lucratif a pour but d’incuber des projets partenariaux entre décideurs publics, entreprises et établissements de recherche. La ville de portland entend ainsi capitaliser sur les efforts réalisés en matière d’énergies renouvelables et d’éco-conception depuis une vingtaine d’années.

Renforcer les liens établis entre acteurs publics et privés, pour développer des programmes d’investissement ne venant pas alourdir la dette publique, mais au contraire dynamiser les villes et les replacer dans la compétition mondiale est un de points sur lequel Philipp Rode a insisté. Et enfin faire de la transition énergétique, un incubateur de développement économique en terme de création de valeur pour les villes est selon Remi Dorval le message positif à retenir de cette rencontre.

L'événement

Quel rôle pour les villes dans la transition énergétique ?
Cycle de conférences - 30 janvier 2014 - Paris

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Séminaire international - du 01 avril au 3 avril 2009 - Copenhague