EnglishRetrouvez-nous TwitterVimeoLinkedInYou Tube

Le crowdfunding pour co-construire la ville ?

La Fabrique de la Cité
18/09/2013 -

Est ce que le crowdfunding est une des options de co-construction de la ville à l'heure d'un contexte financier difficile où les pouvoirs publics cherchent de nouvelles sources de financement ? A la demande de La Fabrique de la Cité, des étudiants du master Stratégies Territoriales et Urbaines de Sciences Po Paris ont mené une étude sur la co-construction en ville autour de 5 cas d’études concrets en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne (Budget participatif à Berlin Lichtenberg, le "Neighborhood Improvement District" du quartier de Steilshooop à Hambourg, la Rive droite numérique à Bordeaux, la plateforme britannique Spacehive et le partenariat du Centre des Monuments Nationaux avec My Major Company).

Faire participer de plus en plus les acteurs privés, entreprises aussi bien que citoyens, à la définition collective des projets, à leur mise en place et à leur financement, permet à la collectivité de produire ce qui est socialement désiré et de bénéficier de sources alternatives de financement. Renouvellement du rôle des acteurs privés et modernisation de l'action publique, voici, entre autre ce qui est ressorti comme enjeu majeur de l'étude de ces 5 cas concrets de finacement participatif :

◗ Le projet de Rive Droite Numérique à côté de Bordeaux a mobilisé les riverains sur la revitalisation du territoire par l’innovation et le numérique via la constitution d’ateliers afin de faire remonter besoins et idées sur le sujet.

◗ Le Neighboorhood Improvement District (NID) de Hambourg autorise les riverains d’un quartier à se consituer en comité afin de définir et de financer des projets d’amélioration du quartier via une taxe additionnelle indexée sur la taxe foncière. La réalisation des projets se fait moyennant une adhésion suffisante de l’ensemble des riverains.

◗ Les plateformes numériques comme MyMajorCompany ou Spacehive offrent des espaces de visibilité pour des projets urbains qui sont ensuite financés en partie par les dons des internautes. MyMajorCompany en partenariat avec le Centre des Monuments Nationaux, a par exemple, permis de financer une partie de réparations du Panthéon ou du Mont Saint-Michel. Spacehive a permis le financement partiel de 169 projets dont notamment le projet « Unlock London’s secret docks » de réaménagement de quais à Londres.

Néanmoins, quelles sont les limites identifiées à travers ces initiatives ? Des difficultés à mobiliser un ensemble d’acteurs divers et représentatifs et à faire émerger un intérêt collectif, se posent, notament, dans la mise en œuvre de la co-construction.
Si l’Allemagne et l’Angleterre sont assez avancées dans l’intégration au cœur du projet des acteurs privés par la facilité de créer des structures sociales et solidaires, la France reste encore ancrée dans un modèle de consultation et de débat. Néanmoins en uniformisant le statut de ces structures, en offrant la possibilité de réserver des marchés publics à ce type de structures, en renforçant les pôles territoriaux de coopération économique, le projet de loi sur l’économie sociale et solidaire en passe d’être présenté à l’Assemblée changera peut-être la donne.

Retrouvez le webdocu de La Fabrique de la Cité en partenariat avec les étudiants de Science-Po : "la co-construction de la ville"

Télécharger le document PDF