Mise à jour le 08 janvier 2026
Incontournable pour atteindre les objectifs des Accords de Paris, la transition énergétique des mobilités pose un défi majeur aux politiques publiques. Hausse des prix, interdiction de rouler, restriction des stationnements : les moyens d’agir sur les mobilités du quotidien peuvent en effet susciter de graves distorsions économiques et sociales. C’est pour décrypter ces enjeux et guider l’action publique que La Fabrique de la Cité ouvre une nouvelle séquence intitulée « Mobilités et inégalités », qu’inaugure la publication d’une enquête d’opinion inédite sur les mobilités quotidiennes des Français réalisée par Ipsos.
Le premier enseignement de cette étude est sans appel : la voiture reste le moyen de transport préféré de 75% des Français. Particulièrement utilisée dans les zones périurbaines (86%), elle est aussi très présente en milieu rural, et son usage ne décroît qu’à mesure que l’on s’approche des centres urbains. La transition vers des mobilités bas carbone devra prendre en compte cette disparité de situations.
Pourtant, 91% des Français estiment vouloir réduire l’impact environnemental de leurs déplacements, et un sur deux se donne moins de 5 ans pour y parvenir. Dépendance à la voiture, manque d’options et alternatives, temps de parcours allongés : les enjeux économiques et environnementaux s’élèvent à mesure que l’on s’éloigne des centres. Ainsi, dans le périurbain ou en zone rurale, les alternatives à la voiture individuelle et leurs infrastructures (autopartage, aires de covoiturage, tramways et stations de métro) paraissent souvent trop éloignées du domicile pour être utilisées au quotidien. En revanche, les services d’autocars rapides sur autoroute, comme les points relais aux entrées de ville retiennent l’intérêt de nombreux répondants (69% en zone rurale !).
L’hétérogénéité de la répartition des offres de mobilité dans les territoires illustre d’importantes disparités et polarisations spatiales. Dès lors, comment relever le défi de la transition bas carbone des mobilités sans former de nouvelles inégalités ? C’est l’objet d’une note à paraître de La Fabrique de la Cité, qui proposera de renouveler le rôle de l’Etat pour accélérer la transition vers une société bas carbone sans pour autant se substituer à l’ensemble des acteurs qui doivent prendre leur part de responsabilité (entreprises, territoires, citoyens).