Édito

Habiter où l’on travaille : le télétravail est-il vraiment l’avenir des urbains ?

Alors qu’un nouveau confinement débute en France, la ville de demain sera-t-elle celle des télétravailleurs ? Rien n’est moins sûr. En mars-avril 2020, plus d’un tiers des actifs français ont été contraints d’expérimenter le télétravail ; seuls 50% disaient en être satisfaits à la sortie du confinement, et seuls 9% des Français seraient prêts à passer au télétravail à temps complet. Beaucoup de raisons sont avancées : le brouillage des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle, l’exiguïté des logements, l’exacerbation des inégalités hommes-femmes… Pour beaucoup d’actifs, le slogan du monde d’après n’est pas « enfin, je n’ai plus à aller au bureau » mais plutôt « viens chez moi, j’habite… dans mon bureau ».

Mais ce regard mitigé sur le télétravail n’est-il pas paradoxal ? Comment regretter les transports en commun aux heures de pointe ou la congestion ? Il est vrai que le télétravail entraîne la fin des heures de pointe : adieu les bouchons. C’est aussi, pour certains, la possibilité de quitter la grande ville pour aller s’installer dans un logement moins cher dans une ville moyenne. Mais ce choix n’est pas à la portée de tous : de nombreux métiers ne se prêtent pas au télétravail, comme l’ont montré les travailleurs de la « première ligne » durant le confinement du printemps. Et pour ce qui est des trajets effacés par le télétravail, ils sont compensés par un effet rebond, d’autres trajets remplaçant en grande partie les trajets domicile-travail.

Faut-il pour autant renoncer à l’idée de vivre et travailler au même endroit ? Non, car dans la ville de demain, les lieux de travail se conjugueront au pluriel et incluront la maison, le bureau mais aussi des espaces mixtes, les coworking et autres tiers lieux. Et, pour ceux qui iront au bureau, les heures de pointe ne seront pas une fatalité. Toulouse a récemment expérimenté un programme pilote entre entreprises, opérateurs de mobilité et élus pour étaler les heures de pointe et mutualiser les déplacements. Bref, travailler ensemble… à mieux travailler.

→ Cet édito est issu des chroniques estivales de Cécile Maisonneuve sur France Info : retrouvez l’intégralité des podcasts ici.


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