Édito

Les Européens et leur mobilité : le meilleur est à venir

On ressort ragaillardi de la lecture de la récente étude du BCG et d’Ipsos sur les attentes des Européens en matière de mobilité. Certes, les Européens passent beaucoup de temps à se déplacer (presque deux heures par jour) ; ils utilisent encore à 65% leur voiture pour aller travailler/se former ; et 58% d’entre eux déplorent la congestion qu’ils ont à subir aux heures de pointe. Et ce ne sont que des moyennes : mieux vaut ne pas être Grec si l’on n’aime pas passer du temps dans les transports (2h36 par jour) ; c’est d’ailleurs en Grèce que l’on se plaint le plus de la congestion. Bref, ça coince, ça pollue, ça agace. Rien de vraiment nouveau.

Et pourtant, au fond de cette boîte de Pandore des maux de la mobilité européenne, reste plus qu’un espoir, une certitude : la technologie va nous sauver ! Prenons le véhicule électrique : près des trois quarts de l’échantillon interrogé pour cette étude (soit 10 000 personnes dans 10 pays) sont confiants dans la capacité à couvrir de longues distances avec des véhicules électriques. Ils plaident par ailleurs pour toujours plus de services personnalisés, pour une conduite plus sûre et une expérience de mobilité enrichie, quel que soit le mode de transport concerné. De même, 70% d’entre eux pensent que la technologie va permettre une multimodalité plus fluide : ils pourront à l’avenir facilement laisser leur voiture aux portes des villes pour y accéder en transport public. Bref, dans les 10 pays concernés, ils sont deux tiers à estimer que la technologie améliorera leurs déplacements quotidiens : plus confortables, plus agréables, moins stressants. Et là encore, la palme revient aux Grecs qui en sont persuadés à… 90%, là où, étrangement pour un pays salué pour ses compétences techniques, les Allemands sont relativement mesurés.

Cet optimisme est aussi un appel aux autorités publiques : « INVESTISSEZ ! » est l’autre grand message qui ressort de cette étude. Routes, réseaux de transports publics urbains, connections intermodales, rails, bornes de recharge pour véhicules électriques, tout le spectre des infrastructures de mobilité est convoqué. Les citoyens européens font ainsi écho sans le savoir aux recommandations insistantes de grandes organisations internationales telles que le FMI depuis 2014 et appellent en creux à tourner la page de la crise de 2008.

Optimistes, volontaristes et tournés vers l’avenir : la mobilité s’impose bien comme un domaine où les Européens font largement mentir le portrait-robot tristounet trop souvent dressé de notre vieux continent.

Cet édito est extrait de L’Instant Urbain (avril 2017) de La Fabrique de la Cité.

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La Fabrique de la Cité

La Fabrique de la Cité est un think tank dédié à la prospective urbaine fondé en 2010 à l’initiative du groupe VINCI, son mécène. Les acteurs de la cité, français et internationaux, y travaillent ensemble à l’élaboration de nouvelles manières de construire et reconstruire les villes.