En question

Aurillac, s’affranchir de la contrainte géographique

Aurillac, 26 000 habitants, est la ville la plus peuplée du Cantal, exerçant la fonction de préfecture et de pôle économique et structurant un large territoire à dominante rurale à faible taux de chômage. Aurillac n’échappe toutefois pas à certaines dynamiques communes à de nombreuses petites villes moyennes, comme  la perte d’habitants au profit de sa périphérie, le vieillissement de sa population ou encore la difficulté à retenir ses jeunes. A ces caractéristiques, Aurillac ajoute encore la particularité d’être « la préfecture la plus enclavée de France ». Obstacle ou opportunité ? Souvent considérée comme la ville la plus froide de France ou encore accablée pour son éloignement des grands axes de circulation vers les grandes métropoles, Aurillac fait toutefois mentir le déterminisme géographique en jouant des atouts de son territoire pour se développer à l’échelle nationale et internationale.

Quais de la Jordanne (Steynard CC BY-NC-SA 2.0)

Un enclavement fondateur de l’identité d’Aurillac et du Cantal ?  

Une ville au carrefour de plusieurs unités paysagères dominées par le volcan du Puy-Mary

« Aurillac a cette particularité : la topologie et la géologie du territoire ont fait que quel que soit le lieu à Aurillac, on peut voir des montagnes, des collines et des vaches. Les mouvements de terrain ont empêché la construction à outrance et c’est ce qui a permis de préserver et de protéger ce patrimoine naturel. »

— Pierre Mathonier, Maire d’Aurillac  

Aurillac est souvent qualifiée de ville- préfecture la plus enclavée de France[1]. Le département du Cantal présente la particularité topographique d’être dominé par le plus grand stratovolcan d’Europe[2], le Puy-Mary (2800km², soit deux fois la surface de l’Etna), qui contraint fortement les relations est-ouest à l’intérieur du département ainsi que les relations avec les autres villes hors du département (Fig.1). La plupart des villes du Cantal, Pierrefort, Saint-Flour, Murat, Riom-es-Montagne,Mauriac, Pleaux, Salers ainsi qu’Aurillac, se trouvent  à l’extrémité des coulées volcaniques. Aurillac se situe dans un bassin sédimentaire riche à l’intersection de plusieurs unités paysagères d’une richesse exceptionnelle : on trouve à l’est le Massif cantalien du Puy-Mary, au sud et au sud-ouest, deux plateaux volcaniques (Châtaignerie et Xaintrie). Aurillac commande surtout l’accès aux larges vallées glacières de la Jordanne et de la Cère, historiquement les principales voies traversantes de la montagne en direction notamment de la vallée de l’Allier. La vallée de la Cère est aujourd’hui empruntée par la seule voie d’importance nationale, la N122, permettant de rejoindre l’ouest et l’est du département, et de là, Clermont-Ferrand.

Figure 1– Carte des reliefs du Cantal (CC BY DDRM du Cantal)

Un pôle commercial historique qui a su tirer profit de sa situation au débouché de routes peu faciles d’accès

Aurillac s’est développée comme la principale polarité économique du Cantal avec une activité de foires, de commerces et de marchés attirant des marchands venus de loin pour des produits recherchés descendus de la montagne et des plateaux : fromages (fourme, cantal, salers), châtaignes, bovins pour la boucherie ou la tannerie. La ville a donc tiré profit de sa situation au débouché de différentes routes longtemps difficiles à parcourir et nécessitant de décharger et recharger les marchandises[3] (Haut-Limousin, Basse-Auvergne, Rouergue, Le Quercy, le Languedoc, l’Espagne), donc d’une accessibilité contrainte. Elle a également profité du fait d’être la seule ville capable de structurer une campagne maillée seulement de bourgs ruraux. Les autres villes comparables ou plus grandes étaient éloignées : Brive-la Gaillarde, Clermont-Ferrand, Cahors, Figeac… Elles le demeurent relativement aujourd’hui.

De ce fait, la croissance démographique d’Aurillac a toujours été la plus dynamique du département et s’est encore accrue avec le développement d’infrastructures de transport facilitant son accessibilité et attirant à elle les habitants des campagnes. C’est notamment le cas des lignes de chemin de fer reliant Aurillac à Figeac (1866) et à Arvant (1866). La ville est ainsi passée rapidement de 9 600 habitants en 1860 à 18 000 habitants à la veille de la Première Guerre Mondiale, puis à presque 31 000 habitants en 1975.

Le revers de cette accessibilité accrue fut toutefois le renforcement d’une émigration définitive[4] doublant une émigration temporaire et saisonnière traditionnelle des Auvergnats vers les Pays-Bas, l’Espagne, Paris ou la Bretagne qui a toujours contribué à enrichir la ville en facilitant la circulation des marchandises (chaudronniers ou marchands de parapluies par exemple)[5]. Aurillac a toutefois mieux résisté que d’autres bourgs plus ruraux (région de Salers, Aubrac etc.).

L’enclavement d’Aurillac et plus largement du département du Cantal n’est donc pas un sujet nouveau. Défini comme un déficit de desserte spatiale qui conduit à un enfermement du territoire et à un sentiment d’exclusion chez ses habitants, l’enclavement constitue tout à la fois un handicap et une opportunité. Le développement historique le montre : la ville a su tirer profit d’une accessibilité réduite des territoires l’environnant pour se structurer comme débouché naturel pour ceux-ci. L’ouverture de la ville vers d’autres centralités plus importantes l’a néanmoins fragilisée en lui faisant perdre certains habitants auparavant captifs. L’enclavement est toutefois relatif : il est vécu de façon plus douloureuse à mesure que d’autres territoires bénéficient d’une meilleure desserte. Tel est le cas d’Aurillac.

 

Des investissements publics en faveur de l’ouverture du territoire

Le désenclavement d’Aurillac, enjeu de solidarité nationale

Les investissements croissants en faveur de la construction de nouvelles infrastructures de transport ont comparativement peu profité à Aurillac et au Cantal. Les cas de l’Aveyron ou de la Haute-Loire sont souvent cités comme exemples de territoires au caractéristiques similaires mais bénéficiant d’une meilleure desserte[6]. Les élus locaux portent ainsi régulièrement la question du désenclavement de la ville et du département comme enjeu de solidarité nationale. Il faut toutefois noter que l’État s’est engagé depuis longtemps auprès des collectivités locales pour améliorer l’accessibilité du territoire grâce à la construction de nouvelles infrastructures ou à l’amélioration et au soutien au financement de l’exploitation de certaines infrastructures existantes. Dès 1834, le préfet Delamarre commanda les travaux d’aménagement du tunnel routier du Lioran traversant le Puy de Masseboeuf et garantissant une meilleure liaison est-ouest que la voie royale 126 inaccessible en hiver en raison de la neige et dangereuse l’été en raison d’attaques de brigands ou de loups. Cet ouvrage, ouvert en 1843, d’une longueur peu commune à l’époque (1 414 mètres), notamment pour un ouvrage routier, suscita la curiosité de nombreux visiteurs venus de toute l’Europe pour le voir. Il fut remplacé en 2007 par un second tunnel conforme aux normes de circulation et aux conditions de trafic contemporaines (5 000 véhicules/jour) et garantissant des temps de traversée améliorés.

Des infrastructures routières en cours de modernisation en marge du réseau autoroutier

Le désenclavement d’Aurillac repose d’abord sur le développement d’infrastructures routières. Ouvrant à Aurillac les Assises de la Mobilité pour la région Auvergne-Rhônes-Alpes, la ministre des transports Elisabeth Borne déclarait en septembre 2017, « il faut qu’on accorde la priorité, dans la loi de programmation des infrastructures, pour des territoires comme ici, loin des autoroutes, loin des grands axes et qui ont besoin d’avoir une véritable feuille de route. Il ne faut pas avoir une France à deux vitesses[7]« . Aujourd’hui, Aurillac est desservie par plusieurs axes routiers d’importance départementale dont le principal (RD120) permet de rejoindre Brive-La-Gaillarde, et de là, les autoroutes A20 (l’Occitane, entre Vierzon et Montauban, en passant par Limoges, maillon essentiel de l’axe Paris-Toulouse) et A89 (la Transeuropéenne reliant Bordeaux à Lyon en passant par Clermont-Ferrand). Le Conseil départemental a engagé entre 2014 et 2015 de grands travaux de modernisation de cette voie afin de faciliter et de sécuriser les liaisons entre le Cantal et la Corrèze et de réduire les temps de déplacement en direction de Paris et Bordeaux.

Toutefois l’axe routier majeur est la RN122 reliant Figeac à Massiac. La RN122 permet de rejoindre à l’ouest l’autoroute A20 et à l’est l’autoroute A75 reliant Clermont-Ferrand à Béziers. Cet axe n’a pas été déclassé sur sa portion Figeac-Aurillac à la suite des lois de décentralisation (décret du 5 décembre 2005). Il fait aujourd’hui l’objet de travaux de modernisation au niveau d’Aurillac[8]: l’achèvement du contournement sud et la transformation de la RN122 en 2×2 voies entre Aurillac et Ytrac doivent permettre notamment de dévier du centre-ville d’Aurillac les flux de transit, de fiabiliser les temps de déplacement sur un tronçon auparavant marqué par la saturation (15 000 véhicules/jour pour 3 000 véhicules/jour en moyenne sur le reste de l’axe) et de sécuriser les déplacements en évitant une portion sinueuse particulièrement accidentogène.

Au nom du désenclavement du Cantal, le contournement ouest d’Aurillac est également à l’étude pour des travaux débutant en 2024 et devant dévier jusqu’à 13 000 véhicules/jour d’Aurillac[9]. Ce contournement soulève toutefois l’opposition des agriculteurs de la plaine d’Ytrac et des riverains rassemblés dans une association nommée Appy soutenue par des personnalités aussi différentes que Stéphane Bern ou Claude de Saint-Vincent, directeur général de Média Patricipations. Les débats qui entourent le contournement ouest oppose deux logiques : l’une d’échelle départementale, prenant en compte l’importance d’une fluidification du trafic et d’une accessibilité accrue dans une perspective de désenclavement du département  misant principalement sur la route ; l’autre d’échelle locale mettant en avant la préservation d’un environnement naturel et agricole apprécié des habitants et recherché par les touristes ainsi que la baisse nécessaire du trafic dans une perspective de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Le risque d’un « cul-de-sac ferroviaire » ?

Les liaisons ferroviaires sont effectuées exclusivement par des trains express régionaux qui placent Aurillac en liaison directe à environ 2h20 de Clermont-Ferrand et à 1h50 de Brive-La-Gaillarde, et, avec correspondance, à environ 4h de Toulouse, 7h de Paris et 7h de Lyon. La desserte d’Aurillac s’est peu à peu détériorée : alors que dans les années 1980, une trentaine de trains partaient d’Aurillac dont deux directs pour Paris, il n’y en avait plus que 15 en 2019 sans aucune liaison directe avec la capitale[10], les trains circulant par ailleurs sur des tronçons régulièrement défaillants (Aurillac-Brive). Les voix sont nombreuses pour réclamer une amélioration de la desserte ferroviaire de la ville, au sein du département[11], de la région tout comme au sein des régions limitrophes[12]: plusieurs phases de travaux ont été entreprises entre Brive et Aurillac. Par ailleurs, 2.1 millions d’euros sont inscrits dans les crédits du plan de relance en faveur de la sauvegarde de la ligne Aurillac-Brive ; des crédits sont également prévus pour la ligne Aurillac-Arvant ; la réintroduction d’un train de nuit direct Paris-Aurillac est également à l’étude[13]. Toutefois, il est estimé que 50 millions d’euros seraient nécessaires pour éviter qu’Aurillac ne devienne un cul-de-sac ferroviaire[14].

 

La ligne aérienne Paris-Aurillac, condition du maintien de l’attractivité d’Aurillac ?

Du fait de l’éloignement routier et ferroviaire de la capitale, la liaison aérienne joue un rôle majeur dans le désenclavement d’Aurillac. Tous les acteurs politiques et économiques locaux s’accordent sur ce point. Ainsi 93 parlementaires ont signé en juin 2019 une tribune rappelant l’importance des liaisons aériennes et plus spécifiquement des lignes dites d’aménagement du territoire : « Non, l’avion n’est pas un moyen de transport qui serait un caprice réservé aux nantis ! Pour beaucoup de nos départements, il est une nécessité vitale. Certains de nos territoires sont en effet victimes d’un enclavement qui handicape leur développement. Les lignes aériennes interrégionales, en particulier celles qui les relient à Paris, sont souvent le seul moyen de leur éviter un isolement mortifère, faute de dessertes routières et ferroviaires adaptées à notre époque. Pour rejoindre Aurillac au ­départ de Paris, par exemple, il faut compter sept heures de train et deux changements, avec souvent l’obligation de prendre un autobus. Dans le Cantal, en général, il faut en outre compter environ une heure et demie pour rejoindre une autoroute. C’est bien la ligne aérienne d’aménagement du ­territoire qui maintient une grande partie du département en vie et connecté au reste du pays[15]. »

L’avion reste en effet le moyen de déplacement le plus rapide. Pour atteindre Paris, l’une des seules destinations desservies par l’aéroport d’Aurillac sur le territoire national, en plus d’Ajaccio et de Castres, il faut compter 1h30 de vol.  Pour les vols internationaux, il faut en revanche se rendre dans les aéroports à proximité comme celui de Clermont-Ferrand (à 2h de route), de Rodez-Aveyron (à 1h45) ou encore celui de Brive-Souillac (à 1h15).

Avec une fréquentation de 30 229 passagers en 2016, soit 10% de plus par rapport à 2015, le taux de remplissage des vols de la ligne Aurillac/Paris est en constante progression (68% pour la période 2017-2018[16]). Ce taux de remplissage demeure toutefois insuffisant pour assurer la rentabilité commerciale. La ligne est ainsi financée par des subventions venues à la fois de la Communauté d’Agglomération du Bassin d’Aurillac (CABA), du Département du Cantal et de l’État. Cette ligne dite « d’aménagement du territoire » est en effet considérée d’utilité de service public. Pierre Mathonier l’affirme sans ambiguïté : « Si on n’a plus la ligne aérienne et les rotations d’avions, l’industrie ne pourra pas rester à Aurillac[17]. »

« Aurillac a pendant longtemps perdu beaucoup d’habitants pendant que son agglomération n’en perdait pas. Les villes centres comme Aurillac, Rodez, Mende, Cahors sont bloquées dans leur développement car elles n’ont pas de réserves foncières. Entre 2000 et 2015, 100 permis de construire en moyenne par an déposés par des habitants d’Aurillac sur d’autres communes de l’agglomération provoquant une hémorragie vers Arpajon, Ytrac, Naucelles etc. »

— Pascal Lacombe, président-directeur général de Polygone

Ce positionnement reflète celui des entreprises du territoire. Ainsi le directeur général de Matière, , spécialisée dans la construction de structures métalliques, explique que « son entreprise facture aujourd’hui 60% de son chiffre d’affaires hors de France [et] ne peut subsister dans le Cantal sans une liaison sécure et fiable vers Paris où se trouvent toutes nos administrations de tutelle ainsi que les accès aux aéroports internationaux. […] La slow économie ce n’est pas possible, les voyages d’affaires, ce n’est pas pour le plaisir, les gens qui se déplacent ont des contraintes fortes, donc l’avion s’impose pour faire le travail commercial ou technique pour assurer les salaires en fin de mois. »

Ce besoin exprimé par le territoire est soutenu par l’État. En novembre 2020, Jean-Baptiste Djebbari, Ministre délégué auprès de la ministre de la Transition écologique, chargé des Transports, qualifiait en effet ces lignes aériennes, notamment en citant le cas d’Aurillac, de « condition, sinon de survie, du moins du maintien de l’attractivité[18] » de certaines villes.

 

Faire mentir le déterminisme géographique (1) : Aurillac, une ville qui sait renouveler les facteurs de son attractivité

Une ville  qui doit composer avec une périurbanisation croissante et le vieillissement de sa population

D’abord centre religieux avec la fameuse abbaye fondée par Saint Géraud en 885, puis centre culturel et commercial, Aurillac a imposé sa position dominante au sein d’un territoire à dominante rurale. Aujourd’hui, Aurillac conserve cette position dominante au sein du Cantal : la ville est la plus peuplée (25 531 habitants en 2018) et la plus dense du département, même si elle perd des habitants (- 1% entre 2011 et 2016) au profit de sa périphérie directe (en moyenne +0.9%, cf. fig.2).

Ainsi les communes les plus proches d’Aurillac comme Ytrac, Saint-Paul-des-Landes, Sanssac-de-Marmiesse ou Vézac ont connu une croissance démographique de 1% à 2% entre 2011 et 2016, et plus encore les petits bourgs ruraux un peu plus éloignés comme Labrousse, Carlat ou Ayrens (+ de 2%)[19].

Figure 2 - Évolution de la population des communes du Cantal entre 2011 et 2016 (source : INSEE)

En cela, Aurillac n’échappe pas à la dynamique de périurbanisation qui touche la plupart des villes moyennes françaises et qui s’explique par l’attrait du modèle de la maison individuelle avec jardin, quand les centres anciens sont traditionnellement marqués par une prédominance des appartements (cf. fig.3) et par une offre foncière contrainte.

Figure 3- Résidences principales à Aurillac selon le type de logement et la période d'achèvement (état : 2018; source : INSEE)

Ce phénomène d’étalement urbain a pour conséquence directe d’importantes charges de centralité pesant sur les habitants de la ville, ainsi qu’un accroissement de la vacance dans les logements.

Comme le reste du département, Aurillac souffre également d’un vieillissement marqué de sa population, notamment dû à un déficit du solde naturel, les jeunes ménages étant les premiers à gagner la périphérie. Ce déficit n’est pas compensé par un solde migratoire positif, qui s’avère toutefois en croissance (+0.8% entre 2006 et 2011; +0.9% entre 2011 et 2016). Preuve que la proximité des infrastructures de transport ne peut seule expliquer les dynamiques démographiques et économiques d’une ville, Saint-Flour, 2ème ville du Cantal, pas marquée par l’enclavement grâce à sa proximité directe avec l’autoroute A75, subit pourtant un double déficit démographique et migratoire accentué.

Face à ce double enjeu, la ville d’Aurillac poursuit une stratégie ambitieuse de réhabilitation de son centre-ville afin de le rendre plus attractif et de lutter contre la vacance tout en l’adaptant aux nouveaux besoins de ses habitants (jeunes et personnes âgées).

 

Reconquérir le centre par une politique de mise en valeur de son patrimoine

La stratégie de reconquête de son centre-ville menée par la ville d’Aurillac est soutenue par le programme national Action Cœur de Ville. Le programme prévoit notamment une adaptation de l’offre de logements afin de diversifier les typologies de ménages dans le centre pour accueillir les seniors, les familles, les jeunes travailleurs ou encore les étudiants. Le parc locatif demeure souvent trop cher et son offre trop réduite pénalise fortement l’installation de nouveaux ménages dans le centre-ville.

Le programme Action Cœur de Ville prévoit également la rénovation de son patrimoine. Cette politique de mise en valeur du patrimoine est déjà ancienne et a abouti à la mise en place d’une Aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine (AVAP) en 2016[20], devenue Site Patrimonial Remarquable (SPR) en 2021. Le dispositif permet de délimiter une aire de protection spécifique englobant la ville ancienne et ses faubourgs, d’identifier dans cette zone les immeubles de la ville les plus remarquables, de qualifier leur caractère patrimonial, et en fonction de celui-ci, de les protéger et de les mettre en valeur. Aurillac se caractérise de fait par une grande richesse architecturale et paysagère qui se distingue par une grande proximité entre espaces rural et urbain et par des vues ouvertes sur le grand paysage, ainsi que par une ville ancienne très compacte distinguant clairement le noyau médiéval de la ville bourgeoise et des faubourgs plus tardifs. Ces tissus bien préservés portent témoignage des évolutions des conceptions urbanistiques et architecturales et de leurs spécificités auvergnates.

Les propriétaires de biens protégés au titre du SPR souhaitant effectuer des travaux doivent respecter des règles de conservation strictes afin de ne pas dénaturer la spécificité et le caractère patrimonial des lieux.  En contrepartie, ils peuvent bénéficier d’aides financières de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH), de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), ou encore d’un dispositif de défiscalisation grâce à la loi Malraux. L’objectif d’Aurillac est de pouvoir mettre en avant son riche patrimoine par l’obtention du label « Ville d’art et d’histoire ».[21]

Figure 4: Eglise Saint-Géraud (Père Igor CC BY-SA 4.0)

« Il fallait que cela soit un lieu de convergence de sens, et le patrimoine représente cet esprit. Le projet EUROPAN offrira de la visibilité aux productions locales pour les touristes et les populations locales et à la fois une identification et un moyen de travailler avec des producteurs… Située sur une friche industrielle, en face de la ville monastique, ce projet accueillera l’Office de Tourisme d’Aurillac, une salle d’exposition muséale, une maison du goût, un centre d’interprétation architectural et patrimonial, mais aussi de l’habitat. Ce lieu doit pouvoir profiter aux 25 communes de la CABA et impliquer les autres maires afin de créer une dynamique de territoire ».

— Pierre Mathonier, maire d’Aurillac

Par ailleurs, la ville s’engage dans la réhabilitation de son patrimoine industriel. Aurillac a voulu saisir l’opportunité offerte par le concours EUROPAN 14 consacré aux villes productives, pour repenser le lien entre la ville médiévale, la ville industrielle et la ville contemporaine ainsi que la façon dont ce lien pourrait permettre de redynamiser le centre-ville d’Aurillac, mais surtout, d’en faire un lieu de mixité marquée par des activités économiques diversifiées. Le terrain soumis au concours (grand secteur du Foiral) se situait le long de la Jordanne et incluait une ancienne usine GDF et plusieurs zones de stationnements.

Une politique volontariste de développement des mobilités

Figure 5 - Part des moyens de transports utilisés pour se rendre au travail par les actifs de plus de 15 ans ayant un emploi (source: INSEE)

Aurillac mène une politique volontariste de développement des mobilités dans l’agglomération. Une offre de transports en commun structurante est proposée, comptant les cars TER (un réseau de bus SNCF), les bus Cantal Lib’ et Trans’Cab, la navette de centre-ville ou encore les locations de vélo. Pour autant, le territoire demeure soumis à une forte tendance à l’individualisation des déplacements à cause de la dispersion de l’habitat dans les zones périurbaines (cf. fig.5).

Figure 6 - Pôle d'Echange Intermodal d'Aurillac

De plus, les liaisons entre les différents modes de transports n’étant pas assez développées, l’interconnectivité du réseau reste insuffisante. Pour améliorer les services de transport, la communauté d’agglomération du Bassin d’Aurillac (CABA) met ainsi actuellement en œuvre le projet  du Pôle d’Echange Intermodal (PEI) dans le quartier de gare (cf. fig.6). Celui-ci doit être opérationnel en 2022. Le premier objectif du PEI est de « permettre de passer d’un mode de transport à l’autre dès début 2022 : du train à la voiture, du car au covoiturage ou au vélo, » explique Sébastien Prat, Vice-Président en charge des mobilités et transports urbains à la CABA. « Ce projet [doit] permettre de structurer [le] futur schéma de mobilité au service des habitants du territoire[22] » et de capitaliser sur une possible amélioration future de la desserte ferroviaire. L’ambition est de faire du quartier de gare à la fois un vecteur de développement de mobilité décarbonée (navette électrique, bornes de recharge électrique et hydrogène, aménagement de pistes cyclables et de voies piétonnes, développement de services numériques etc.) et un carrefour de rencontres qui puisse servir de nouveau lieu de vie pour les habitants et pas seulement de hub de transport. A cet effet, l’Atelier Georges a proposé un véritable projet architectural[23].

 

Renforcer l’attractivité culturelle et touristique

Figure 7: Festival d'Aurillac 2014 (Carros de Foc CC BY-NC-ND 2.0)

Le Festival International des Arts de la Rue d’Aurillac organisé par l’association ÉCLAT, labelisée Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public est devenu une véritable référence dans le monde des arts de la rue français et international et contribue fortement à la renommée internationale de la ville. Chaque mois d’août depuis 1986, les rues du centre-ville d’Aurillac se transforment en scène ouverte pour des centaines de spectacles montés par plus de 500 compagnies venues du monde entier.    Accueillant près de 50 000 personnes par jour, le festival créé par le metteur en scène et scénographe de l’espace public Michel Crespin, a pour vocation de rendre la culture accessible à tous en la présentant directement dans l’espace public plutôt que dans l’espace feutré des théâtres. L’idée défendue par Michel Crespin est de favoriser les expérimentations et les rencontres humaines, réinventant les traditionnelles foires marchandes et le creuset qu’elles pouvaient représenter. Michel Crespin décrivait ainsi le Festival : « À la naissance d’Avignon, Vilar disait que ce n’était pas le festival qui était essentiel, mais tout ce que ça générait autour. Pour Aurillac c’est la même chose. C’est un organisme vivant [24]». Fidèle à la volonté de Michel Crespin de faire émerger un « territoire artistique », l’association ÉCLAT est allée jusqu’à fonder le premier lieu consacré à la création de spectacles de rue, le Parapluie, Centre international de création artistique, de recherche et de rayonnement pour le théâtre de rue. Le Parapluie offre une résidence aux artistes et les accompagne dans leur processus de création tout au long de l’année.

Au-delà du Festival International des Arts de la Rue, Aurillac souhaite renforcer son attractivité touristique et culturelle en mettant en valeur la richesse de son patrimoine naturel, une stratégie s’inscrivant dans la perspective d’un changement des habitudes touristiques et d’un courant favorable aux activités de plein air et aux grands espaces naturels dont le Cantal espère profiter. Aurillac développe d’une part un « laboratoire de curiosité » regroupant diverses expositions et activités culturelles et pédagogiques dans le but de rajeunir l’esprit de la ville; d’autre part, elle valorise l’histoire et les racines agricoles des Aurillacois grâce au label « La maison du Terroir ».

Cette politique de renouvellement des facteurs d’attractivité d’Aurillac lui permet de susciter un intérêt nouveau soit de la part d’habitant qui étaient partis en périphérie, soit de celle d’habitants d’autres régions, notamment d’Ile-de-France, région la plus contributrice aux flux d’immigration, séduits par la défense d’une certaine qualité de vie. L’attractivité du territoire et la qualité de vie constituent d’ailleurs deux des trois axes du nouveau projet de territoire de la CABA présenté par Pierre Mathonier en mai 2021. Le troisième axe est celui du développement économique.

« L’isolement a en quelque sorte aidé à développer l’hôpital ce qui a permis d’éviter le désert médical. »

— Pascal Tarrisson, directeur du Centre Hospitalier Henri Mondor d'Aurillac

Faire mentir le déterminisme géographique (2) : un pôle économique entre implantations locales et forte ouverture au monde

Un pôle économique hégémonique

Concentrant 42% de la population et 67% des emplois et accueillant 40 % des actifs non résidents, le pôle Aurillac-Arpajon s’impose comme un pôle économique hégémonique au sein du département. Ainsi, le taux de chômage en 2020 à Aurillac n’est que de 4,8% contre 5,5% pour le Cantal, département ayant le taux de chômage le plus faible au niveau national.

L’emploi est dominé par les activités tertiaires, à 41% dans le commerce, les transports et les services divers et à 43% pour les services publics souvent liés au statut de préfecture d’Aurillac (administration publique, enseignement, santé et action sociale)[25].

« Depuis 2-3 ans il y a une courbe qui s’est infléchie où la ville regagne des habitants pour la qualité de vie et les transports »

— Matthieu Piganiol, président-directeur général de Parapluies Piganiol

L’éloignement des autres villes profite à Aurillac. Avec ses 1800 employés dont 200 médecins, le centre hospitalier Henri Mondor est le principal employeur du département. Il représente un atout majeur pour le territoire à la fois pour attirer de nouveaux habitants, mais également pour satisfaire la demande de soins croissante d’une population de plus en plus âgée. L’attractivité de l’hôpital s’étend au-delà des limites de la ville : ainsi, pour les activités de chirurgie et de médecine, les médecins des bassins de vie cantaliens de Murat, Allanche, Pleaux et Saint-Martin-Valmeroux optent le plus fréquemment pour le plateau technique aurillacois[26].

Toutefois, ce qui frappe et peut étonner le visiteur qui découvre Aurillac, c’est sa capacité à favoriser le développement d’entreprises locales innovantes.

Une terre d’entrepreneurs

Aurillac est une vraie terre d’entrepreneurs – et cela depuis longtemps. Elle a depuis toujours rayonné au-delà de ses frontières régionales et a su exporter ses savoir-faire par une stratégie active d’émigration saisonnière. Ces exportations vers les grandes villes de France comme Paris, Toulouse, Bordeaux, Marseille ou encore Montpellier, ont permis à la petite ville de campagne de soutenir le développement d’entreprises familiales, à l’instar de l’entreprise familiale fondée en 1884, Parapluies Piganiol, existant depuis 5 générations et dernier fabricant de parapluies dans le Pays d’Aurillac, résistant grâce à un fort esprit d’innovation.

Plus récemment, des industries innovantes, attirées par la qualité du cadre de vie, n’hésitent pas à s’installer à Aurillac. C’est le cas de Biose Industrie, spécialisée dans le  développement et la production clinique et commerciale de micro-organismes. Ce leader mondial emploie environ 200 personnes dont des chercheurs recrutés dans de grandes métropoles comme Strasbourg, Toulouse, Lyon et de Bordeaux. L’entreprise, qui possède plus de 60 ans d’expérience dans le développement et la production de médicaments, compte investir 22 millions d’euros dans son site d’Aurillac pour l’agrandir de plus de deux mille mètres carrés. Prévus en 2022, ces travaux renforceront la position de leader mondial dans la recherche et la production de microbiotes.

« Aurillac est une ville où chacun peut trouver sa place et une reconnaissance. Aujourd’hui de nombreux candidats non cantaliens se présentent pour les postes à pourvoir à la CABA »

— Serge Destannes, directeur général des services de la Communauté d’agglomération du Bassin d’Aurillac

Des entreprises fortement implantées localement ett ouvertes sur l’international

« Les salariés sont de très bon niveau, ils adhèrent aux valeurs de l’entreprise, nous avons peu de turn over. Le département du Cantal a une très bonne image et n’est pas un obstacle pour le recrutement »

— Aurélien Lafon, fondateur et PDG d’Europe Service

Les entreprises d’Aurillac sont marquées par leur forte implantation locale. Les témoignages recueillis auprès des entrepreneurs convergent :  le Cantal et Aurillac présentent une véritable attractivité pour la qualité de vie offerte à partir du moment où l’emploi proposé est lui-même attractif, ce qui est le cas dans les entreprises innovantes qui occupent souvent un secteur de niche. En 2021, l’association Villes et villages a classé Aurillac 7e ville de France où il fait bon vivre sur 320 communes se situant dans la strate des 20 à 50 000 habitants (8ème position en 2020)[27].  Les entreprises et même l’administration publique parviennent ainsi à attirer des talents venus bien-au-delà du bassin d’emploi d’Aurillac.

« On reçoit environ dix candidatures par semaine sur notre site, on a professionnalisé le processus de recrutement. On est vraiment de plus en plus visibleLes candidatures viennent de partout en France. »

— Adrien Nivoliez, président-directeur général de Biose

L’enjeu de connectivité reste toutefois central pour ces entreprises et leurs employés : leur implantation locale forte ne signifie en effet pas qu’elles se satisfassent du simple marché local. Bien au contraire, ces entreprises innovantes doivent leur réussite à la conquête d’un marché sinon international, du moins européen. Reconnue « Entreprise du patrimoine vivant » en 2009, Piganiol fabrique des parapluies en valorisant le savoir-faire français à l’international. Trente personnes fabriquent à Aurillac plus de 50 000 parapluies par an destinés au secteur très compétitif du luxe et de la mode. L’entreprise Matière est quant à elle spécialisée dans la construction de ponts et de structures métalliques. Fondée à Arpajon-sur-Cère en 1932, l’entreprise vend aujourd’hui ses ponts à plus de 20 pays dans le monde. Au total, 250 personnes sont employées par Matière dans le Cantal (et 800 dans le monde), et l’entreprise pèse 180 millions de chiffre d’affaires. Europe Service (environ 130 salariés) s’est pour sa part progressivement imposée parmi les leaders du marché de la fabrication de véhicules de voirie (distributeur, équipementier et loueur). Principal acteur européen dans l’élaboration d’engins de déneigement, Europe Service est également présent au Maroc et en Algérie.

Dans cette perspective, l’infrastructure numérique constitue un enjeu crucial pour le territoire et son tissu économique. Alors qu’Aurillac n’a pas eu de retard sur la fibre, la Chambre de Commerce et de l’Industrie d’Aurillac met en œuvre actuellement une opération 5G pour équiper la ville et ses entrepreneurs. Elle développe également des nouvelles formations comme celle de la cybersécurité en partenariat avec le Centre National de Formation au Très Haut Débit, créé il y a maintenant 10 ans. Le CNFTH recrute 400 personnes par an pour former les personnes sur les métiers de la fibre, du cuivre ou du satellite et Hertzien.[28]

« Le Cantal n’a pas eu de retard sur la fibre. Le numérique nous met à pied d’égalité avec les métropoles. »

— Aurélien Lafon, fondateur et président-directeur général d’Europe Service

L’importance d’une connexion rapide avec l’extérieur a également été évoquée par l’ensemble des acteurs économiques, soulignant l’importance de pouvoir rejoindre aisément des clients et de les faire venir sur place. Tous soutiennent ainsi la ligne aérienne Paris-Aurillac. Toutefois, rares sont les acteurs à souffrir de l’absence de liaisons routières rapides : leurs produits pouvant supporter des délais de livraison importants, l’absence de hub autoroutier ou de fret ferroviaire à proximité directe ne constitue pas un handicap. La société Europe Service, a même décidé de relocaliser une partie de ses productions initialement réalisée dans les pays d’Europe de l’Est. L’unité de production sera relocalisée sur un nouveau site de huit hectares avec un système à la fois robotisé et numérisé, permettant de diminuer les frais de transports et de rester compétitif. La relocalisation permettant la création de 45 emplois est rendue possible grâce au soutien de l’Etat et de la région encourageant les entreprises innovantes dans les villes moyennes.[29]

 

Attirer et retenir des talents : le public et le privé s’associent

Un des principaux enjeux pour Aurillac consiste toutefois à renforcer sa capacité à attirer les talents et à retenir les jeunes. Certains talents refusent des offres d’embauche faute de trouver sur place un emploi pour leur conjoint. La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) du Cantal a donc crée le dispositif Work2be qui, à l’aide d’un réseau de professionnels, accompagne les conjoints des nouveaux embauchés à trouver eux aussi du travail, en facilitant leur candidature auprès des entreprises locales[30].

Les jeunes quant à eux déménagent souvent faute d’emplois qualifiés. En effet, les secteurs  où l’on trouve le plus d’offres demeurent des emplois peu qualifiés comme ceux d’aide à domicile, de techniciens et agents de maîtrise de la maintenance, de conducteurs routiers/grands routiers ou encore d’ouvriers non qualifiés du textile.[31]

« Les étudiants représentent une richesse car ils irriguent la vie du campus et la vie culturelle d’Aurillac. Notre projet de territoire basé sur le développement économique doit permettre de les faire rester. »

— Pierre Mathonier, maire d’Aurillac

L’ambition du nouveau projet de l’intercommunalité va dans ce sens. Il s’agit en effet de développer et de renforcer les liens entre le monde économique et l’enseignement supérieur qui rassemble 1500 étudiants sur le territoire. La ville dispose en effet de plusieurs établissements d’enseignement supérieur, ainsi que d’un campus universitaire attirant des étudiants au-delà des limites du département et de la région. L’Institut Universitaire de Technologie d’Aurillac, rattaché à l’Université de Clermont-Auvergne dispense des formations diverses comme la biologie, la chimie, l’informatique, l’agronomie, la bioindustrie, la logistique ou encore des formations uniques en France comme celle dispensée par le DUT Statistique et Informatique Décisionnelle (STID), option cybersécurité, ouverte en 2019. D’autres établissements viennent enrichir l’offre de formations à Aurillac comme l’INSPE, spécialisé dans les métiers de l’enseignement et de l’éducation, l’IFSI, dispensant une formation en soins infirmiers ou encore le Centre National de Formation au Très Haut Débit.

Pour recréer une dynamique et attirer des futurs jeunes talents et retenir les étudiants, la CCI intervient en proposant des emplois de qualité via une meilleure structuration d’offres de formation en collaboration avec les entreprises existantes. A titre d’exemple, Biose Industrie initie une formation de 8 mois en microbiologie avec la CCI afin d’offrir aux chômeurs une possibilité de reconversion et une promesse d’embauche au terme du programme.

Par ailleurs, le nouveau projet de la CABA mise sur une stratégie foncière favorable à l’installation et au développement d’entreprises ainsi que sur la création d’un pôle d’excellence en collaboration avec la CCI, notamment dans le domaine des probiotiques.

Par la force et l’engagement de ses acteurs locaux, Aurillac montre que le désenclavement peut prendre des formes diverses en fonction des enjeux concernés. A bien des égards terre d’innovations, la préfecture du Cantal parvient à  faire mentir de nombreux clichés attachés aux villes moyennes.


[1] https://questions.assemblee-nationale.fr/q12/12-365QOSD.htm

[2] http://www.cantal.gouv.fr/IMG/pdf/note_presentation_ppr.pdf

[3] Grosdidier de Matons, Marcel (1925) « Aurillac. Étude de géographie urbaine. » Revue de géographie alpine (13-2), pp. 265-286

[4] Ibidem.

[5] Poitrineau, Abel (1962) « Aspects de l’émigration temporaire et saisonnière en Auvergne à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle ». Revue d’histoire Moderne & Contemporaine (9-1); pp. 5-50

[6] https://cgedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/documents/Affaires-0007304/008289-01_rapport.pdf

[7] http://www.lunion-cantal.com/actualites/elisabeth-borne-a-t-elle-mis-dans-le-mille-pour-le-desenclavement-du-cantal:2XBS4Q6O.html

[8] http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/comprendre-le-projet-a9973.html

[9] https://www.lamontagne.fr/aurillac-15000/actualites/pourquoi-stephane-bern-et-lucky-luke-s-engagent-contre-un-projet-de-contournement-d-aurillac-cantal_13965695/

[10] https://www.rdse-senat.fr/thematiques-rs/transport/entry/debat-sur-le-theme-pour-repondre-a-l-urgence-climatique-par-le-developpement-ferroviaire-promouvons-les-auto-trains-et-les-intercites-de-nuit

[11] http://www.senat.fr/questions/base/2020/qSEQ20111386S.html; https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-1413QOSD.htm;

[12] https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/174000625.pdf

[13] https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-1413QOSD.htm

[14] http://www.senat.fr/questions/base/2020/qSEQ20111365S.html

[15] https://www.lejdd.fr/Politique/arretez-de-taper-sur-lavion-la-tribune-de-93-elus-de-tous-bords-3906012

[16] http://www.senat.fr/rap/r18-734/r18-7347.html

[17] https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/aurillac_15014/aurillac-un-projet-de-territoire-pour-la-caba_42276224.html

[18] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/colter/l15colter2021006_compte-rendu#

[19] http://www.cantal.gouv.fr/IMG/pdf/caba.pdf

[20] https://drive.caba.fr/index.php/s/Y57mBTLZKToSKFR?path=%2F4_ANNEXES%2F4-2-SUP%2FAVAP#pdfviewer/

[21] La ville de demain mise sur son histoire avec l’Aire de valorisation de l’architecture et du patrimoine – Aurillac (15000) (lamontagne.fr)

[22] https://www.caba.fr/fr/actualites/pole-d-echange-intermodal-le-point-sur-les-travaux/

[23] https://www.caba.fr/fr/pei/

[24] Granger, Charlotte (2008) « Bref historique du Festival d’Aurillac », Études théâtrales (1-2, N° 41-42), pp. 95-100. DOI : 10.3917/etth.041.0095.

[25] https://www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-15014#chiffre-cle-1

[26] http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/fr-aurillac-t-fr-light.pdf

[27] Ce classement est réalisé à partir de 183 critères fournis par l’Insee ou par des organismes étatiques. Ces critères concernent la qualité de vie, la sécurité, les commerces et services, les transports, la santé, l’éducation, la solidarité ou encore les sports et loisirs. https://www.aurillac.fr/classement-2021-des-villes-et-villages-ou-il-fait-bon-vivre/

[28]Comment la CCI d’Aurillac attire les entrepreneurs sur son territoire (europe1.fr)

[29]Mecanic Vallée Le ministre Olivier Dussopt en visite à Aurillac (Cantal) sur les sites d’Europe Service – MECANIC VALLEE

[30] Emploi : comment le Cantal se met en quatre pour attirer les talents | LCI

[31] Emploi : la paradoxe du marché dans le Cantal | Actu Cantal

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La Fabrique de la Cité

La Fabrique de la Cité est un think tank dédié à la prospective urbaine fondé en 2010 à l’initiative du groupe VINCI, son mécène. Les acteurs de la cité, français et internationaux, y travaillent ensemble à l’élaboration de nouvelles manières de construire et reconstruire les villes.

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