Édito

Le retour de la planification

Création d’un commissariat aux plans lors de la crise sanitaire, Stratégie Nationale Bas-Carbone, plan « France 2030 », Plan de transformation de l’économie française présenté par le Shift Project… Longtemps considérée comme tabou, l’expression de planification fait son retour progressif dans le débat public et semble être le nouveau leitmotiv des politiques publiques.

Comment expliquer ce regain de légitimité accordé à la planification ? Trois raisons principales peuvent expliquer ce revirement :

Premièrement, la prise de conscience de l’ampleur de la crise écologique met en exergue la nécessité de changements structurels profonds dans tous les secteurs de l’économie et de la société. La planification permet de rationnaliser, de cadrer et d’étaler dans le temps les mesures concrètes à mettre en œuvre pour engager de tels changements. Cette vision a été renforcée par la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, qui mettent en avant le besoin de réindustrialisation, d’indépendance énergétique et alimentaire.

Deuxièmement, ces défis industriels, énergétiques et écologiques ne se relèvent que dans un temps long, voire très long, dépassant largement l’échelle du quinquennat. Ici, la planification permet de dépasser ce temp court, et de repenser la politique sur le temps long.

Troisièmement, la planification permet de focaliser le débat sur le « comment faire ». Si les solutions pour faire face à la crise écologique et énergétique sont connues, c’est surtout les modalités de leur mise en œuvre qui sont débattues, tant cela s’avère compliqué techniquement, économiquement et socialement.

Face à ces changements structurels, l’aménagement du territoire doit relever de nombreux défis : accueillir les infrastructures de la réindustrialisation et de la production d’énergie, développer des formes urbaines moins émettrices, revitaliser les centres-villes… Dans une tribune dans Les Échos, David Djaïz et Pierre Veltz soulignaient  l’importance de sortir d’une approche incrémentale de l’organisation territoriale et de revenir à une forme de planification stratégique et spatiale.

Cependant, la planification du XXIème siècle ne ressemblera pas à celle du XXème siècle. Si la période est propice au retour de la planification, elle est également une période de remise en cause institutionnelle et de désertion des urnes par une partie de la population. Ainsi, la planification devra notamment intégrée la jeunesse qui pourra voir dans un débat sur la planification écologique un nouveau moyen d’expression démocratique. Surtout, elle devra inclure l’ensemble des citoyens pour garantir sa légitimité et son acceptabilité.

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